Critique : Queens of the Stone Age - Villains - Le Canal Auditif

Critique : Queens of the Stone Age – Villains

J’ai toujours quelque chose à dire au sujet de Queens, parce que c’est un groupe qui me tient à cœur. J’ai même longtemps considéré que le groupe était pour moi. Je suis un des rares qui a trouvé que …And the Circus Leaves Town était meilleur que Blues for the Red Sun (mais rien n’approche Sky Valley), j’ai entendu Queens dès le 1er split sur Man’s Ruin, j’ai commandé le premier album parce qu’aucun disquaire en ville ne l’avait dans ses bacs, je m’intéressais aux Desert Sessions, j’étais aux Foufs pour leur première visite… En bref : j’ai un passé avec Josh Homme et sa bande.

Depuis que Queens a annoncé l’arrivée de Villains, notamment par un article dans Rolling Stone, plusieurs petites choses ont alarmé les vieux fans : ça allait être plus dansant, réalisé par le très pop Mark Ronson, avec un Josh moins grognon et tourmenté que sur …Like Clockwork, un Josh qui a besoin de s’amuser après avoir été secoué par l’acte terroriste qui a touché de très près ses potes d’Eagles of Death Metal à l’automne 2015.

J’ai abordé l’écoute de Villains en faisant confiance à Josh. S’il veut faire un album dansable et joyeux, et s’il pense que Ronson est l’homme de la situation, il peut trouver la bonne façon de le faire. Mais il y a un os : ce n’est pas l’album joyeux et dansable qui nous est annoncé. Il y a bien deux ou trois chansons qui correspondent à ce qu’on nous vend, mais la viande est servie entre les grosses tranches de pain blanc sans texture que sont Fortress, Hideaway et l’exécrable Un-Reborn Again. Cette dernière nous fait subir presque sept minutes où rien ne se passe, mais avec des violons et des cuivres à la fin. Quand un groupe rock à la recherche de sa propre évolution décide d’utiliser violons et cuivres pour tenter en vain de faire lever une chanson, c’est l’équivalent musical d’un haussement d’épaules, d’un gros soupir, d’un « whatever, ça fera l’affaire ».

Tout n’est pas vide et sans substance. Il y a quelques bonnes prises au tableau, notamment Domesticated Animals, qui a les signes distinctifs d’une bonne chanson de Queens sans répéter leurs vieilles idées. Et le riff principal de The Evil Has Landed est du solide, du moins jusqu’au changement de rythme du passage final, rigide, forcé, agrémenté de licks de guitares que Josh pourrait avoir écrits dans son sommeil.

L’ensemble de l’album sent le compromis. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un compromis opportuniste, et je ne veux pas tomber dans la psychoanalyse de salon, mais Josh semble tenter de se montrer vulnérable sans vraiment exprimer quoi que ce soit d’intime. Il semble vouloir faire dans la légèreté enjouée, mais les hooks sont faibles, communs, et me font penser à des trucs que je n’ai vraiment pas envie d’entendre (me sont passés par la tête : bande originale de Grease, Word Up de Cameo, le hit de KT Tunstall). Josh et Ronson soignent les sonorités de batterie, mais ne donnent rien faire à Jon Theodore qui serait à la hauteur de son talent.

Mais ce qui manque plus que tout à cet album, c’est du bizarre. Le pire compromis ici est de faire moins bizarre que d’habitude en pensant que ça rendra l’ensemble plus enjoué. Être heavy tout en faisant danser, c’est ce que Queens fait aisément depuis ses premiers pas, et le groupe insérait toujours quelques pièces vraiment bizarres dans le tas. Cette absence du bizarre, bien plus que la présence de Ronson, donne une impression de vide. Ça donne un album bien plus triste qu’enjoué.

Ma note: 5/10

Queens of the Stone Age
Villains
Matador
48 minutes

http://www.qotsa.com/

Commentaires

  1. loulou miguel a écrit : :

    D’accord sur plusieurs point ET
    Mais merde avec un batteur comme sa et garder des ligne de batterie d’un étudiant de 2eme année…
    Justement la fin de The Evil Has Landed est une preuve qu’il reste encore quelque chose au fond de josh mais bon ,cet album est vraiment bof ,un ersatz de TCV,EODM de pop de « cool » de radio de commercial bref….
    Josh dit partout vouloir devenir le king of cool,de vendre beaucoup avec itunes et ces contrats bref QOTSA est maintenant une marque est plus trop un groupe… wait and see a bercy 😉

    Mais bonne critique 😉

  2. Dans mon cas j’adore l’album dans son entièreté !
    Oui il n’y a rien de compliqué, pas de grande surprise, même que d’après les « avertissements » que j’avais lu sur le net j’avais comme attente un renouveau complet du son QOTSA !! Rien de tel ne sait produit.

    Cependant peut-être que j’était du pour un album simple à écouté.
    La pochette est sublime.

    J’ai découvert ce groupe sur le tard avec le hit No One Knows
    Aussi eu la chance d’être impressionné par leur prestance sur scène au FEQ
    J’espère juste les revoir prochainement

    Merci pour la critique

    • Mathieu Robitaille a écrit : :

      J’aime tellement le groupe que je suis content que l’album plaise à certains malgré tout.
      Merci de nous lire!

  3. Vilaine a écrit : :

    Il est album du mois dans le dernier Rock And Folk…donc pas si mal, je l’ai acheté et je vais l’écouter d’ici peu. C’est surement comme les 2 d’avant qui méritent plusieurs écoutes pour être bien apprécié.

  4. LittleSis a écrit : :

    A réécouter encore et encore, les Qotsa en vieillissant s’apprécient après quelques écoutes, je crois.
    J’ai bien ri pour Grease et Word Up mais pas tout à fait d’accord!
    Villaisn of circumstance est un super morceau romantique et qotsaïen à souhait mais je pense que le refrain chiffonne les oreilles des stoners, comme sur Fortress. Il y a une ambiance (ou un son commercial un peu) qui désarçonne et peut faire grincer les dents des purs rockeurs mais pour moi le charme des reines sexys opère toujours! Il y a plein de clins d’œil à ce que sont les QOTSA qui séduisent je trouve, notamment la fin de The Evil Has Landed qui me fait penser à Era Vulgaris. C’est peut être forcé mais ça serait quand même con.
    A voir si l’album vieillit aussi bien que les BG du groupe. 🙂 et en Live, et se laisser faire.
    Bye!

  5. Nico a écrit : :

    Moi je le trouve bien cet album, ça reste dans la tendance de Like Clockwork (l’album), et j’aime bien le morceau Fortress meme si c’est pas mon préféré. J’ai un vrai faible pour Domesticated Animals, avec des rythmes saccadés, à la leg of lamb, ou Head like a haunted house, dans un esprit medication influencé dead kenedys. Pour the evil has landed, entierement d’accord avec toi pour la fin, un peu forcée et le riff fait quand meme bcp pensé au riff de fin de No One Loves Me & Neither Do I , en plus évolué mais moins punchy et moins groovy. La derniere est un bon morceau mélancolique comme like clockwork (la chanson). C’est vrai que Jon Theodore n’est tjs pas mis en avant et c’est dommage quand on connait le talent du bonhomme. Par contre moi j’ai bien aimé Un-Reborn Again, auquel je trouve un parfum de NIN en plus pop, par contre les violons je trouve ça un peu inutile mais pas désagréable. Je précise que j’ai réussit à le chopper il y a presque un mois et que je n’ecoute que cet album depuis, donc je ne réagis pas a chaud. Et comme le dit Vilaine, je trouve que QOTSA devient de plus en plus un groupe qui mérite plusieurs écoutes avant d’etre appécié à sa juste valeur. Et je suis aussi d’accord que ça manque de bizarrerie, mais c’était déjà le cas dans like clockwork. Par contre Ronson, je suis pas certain qu’il faille réitérer. Ca ne reste que mon avis.

    Cool ta critique en tout cas

    • G u know a écrit : :

      Finalement cet album n’est pas Vilain, et blague à part, Brody Dalle va surement sortir un album à saveur QOTSA car elle sonne comme elle succionne, pour appuyer cette affirmation, elle a jadis sonné tel Tim Armstrong.

  6. G u know a écrit : :

    Tellement dans le champs cette critique (évidemment les goûts musicaux ne se discutent pas) on essai de faire old school officinado dans les premières lignes dans le genre nostaligo-pathétique. Fuck les attentats. Ça rien a faire avec le delivery offert avec Vilains. Cet Opus transcende le meilleur que Josh peut offrir. Je crois qu’il faut vraiment prendre le temps d’écouter les subtilités tant harmoniques que vocal offertes par ce créateur talentueux, ma foi originalement cérébral dans tout ce qu’il nous offre. Honnêtement je soumet un 8 qui pour ma part sur un album franc et bien sonnant pourrait escalader jusqu’à un 9. Bonne écoute à tous. Vraiment un band à part à mes oreilles.

    • Je tiens à dire, parce que ça semble être un point qui revient souvent, que nous écoutons longuement les albums. Nous avons eu la chance de nous y pencher deux semaines avant sa sortie. Matthieu l’a écouté et pour être très franc moi aussi et je le trouve ennuyant. Il manque de bons riffs, manquent de batterie inventive (alors que Jon Theodore y est) et manque tout simplement de bonnes tounes. Merci de nous lire et de commenter! On apprécie l’échange.

  7. Schmurtz a écrit : :

    Bonne critique je trouve. Même si « les grosses tranches de pain blanc sans texture » ne sont pas les mêmes pour moi.

    Je trouve les 2 premiers moceaux plutôt sympas, the way you useed to do manque d’un bon solo de guitare bien bourrin pour cloturer en beauté.
    Sur domesticated animals l’envolée à 3min10 est superbe je trouve, dommage que ce ne soit pas le refrain car on n’est pas rassasié de ce moment assez court .

    Fortress est un suplice à mes oreilles, il me fait penser aux pires chansons de Muse. Plat, mou, incipide et giga chiant en concert.
    J’en profite pour faire le parallèle avec ces groupes talentueux qui finissent généralement par faire un virage de genre afin de trouver un plus large public (Muse, Black keys, Red hot, Korn…) et une fois le large public conquis on fait un album que l’on prétend être un retour aux sources et la boucle est bouclée avec une liste d’album sans saveurs qui s’allonge au fil des années. J’espère que le qotsa ne tombera pas dans ces travers (même si ça me semble plus ou moins inéluctable).

    La 5 « head like a haunted house » là on a ce qui est vendu : un morceau plutot basique mais incitant à se bouger.
    Sur un-born again je suis assez amusé par le ton assez monocorde et désinvolte de Josh la cloture avec les cuivres ne m’a pas déplue, elle aurait pu cloturer l’album.

    Sur hideaway on est pour moi dans la continuïté du précédent du dernier album. Un morceau qui doit être plutot chiant à assister en live, il fait parti des tranches de pain 😉

    Sur la 8 Evil has landed …ben je le trouve plutot sympa ce morceau. Ce n’est pas sans rappeler les lourds riffs des Rival Sons. La batterie mitraillette à partir de de 2min55 fait plaisir à mes petites oreilles et donne envie de taporter frénétiquement sur son volant ! C’est con mais moi j’adore cette cassure de rythme à la fin plus que basique. On sent qu’ils ne se sont pas foulé mais ça rappelle un peu les premiers albums, une petite nostalgie s’installe. Bref un morceau plutot original et qui marche pas trop mal.

    La dernière Villains la proximité avec la voix de Josh fait son effet, on est touché par un chant juste et parfaitement posé mais pouf! un refrain mollasson similaire à hideaway fait qu’on attend avec impatience que prochain couplet. Le tout se cloture de manière plutot sympathique mais je ne crois pas non plus que le morceau sera ouf en concert.

    Bref c’est pas le meilleur qotsa… L’absence de surprise, d’originalité et de violence créé un truc plutot plat, le talent des gars porte l’album à un niveau qui fait qu’on a tout de même plaisir à l’écouter et certains morceaux sont bons mais on ne ressortira sans doutes pas souvent cette album de sa pochette dans les années à venir…

  8. Ponce a écrit : :

    Je suis vraiment en phase avec cette critique. Particulièrement sur la batterie… parties qui se veulent volontairement minimalistes (un peu à la EODM) pour le côté robotic/ entrainant du groove, mais qui créent au final plus d’ennui que d’entrain ( et donner ce job à Théodore c’est du gâchis ) cymbales sous-mixées, sons de kick-et-snare-plus-fade-tu-meurs…
    On comprend l’intention, mais tout Ronson qu’il est, pour moi le résultat est foiré. Ça ne colle pas complétement à l’identité du groupe. … le St Anger de QOTSA pour la batterie….

    Et puis, 4 ans d’attente, 9 titres…. sans déconner…

    Quelques titres plus accrocheurs que d’autres (Feet Don’t Fail Me, Evil has Landed, Domesticated Animals..) mais le reste plutôt flou, sans revendication ou accroche particulière…

    L’album plaira certainement à une bonne partie des fans récents de QOTSA, mais pour ceux qui suivent l’œuvre de Homme depuis le début, la Mustang a loupé le virage…

    Déception de l’année.

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