Critique : Pharmakon - Contact - Le Canal Auditif

Critique : Pharmakon – Contact

Pharmakon aimerait vous faire croire qu’elle se réinvente avec son nouvel album, Contact. L’artiste new-yorkaise, Margaret Chardiet de son vrai nom, exprime savamment le dégoût, l’horreur et l’isolement par une musique noise industrielle extrêmement efficace, qu’elle parfait depuis l’adolescence. L’énoncé de mission artistique qui accompagne ce nouvel album aimerait nous faire croire que l’intention est cette fois d’exprimer la nécessité d’établir un contact avec l’autre, d’exprimer la communion entre le corps et l’esprit pour transcender les divisions et l’insignifiance de notre existence.

Le message est intéressant, mais ce changement annoncé dans l’intention ne change pas grand-chose au résultat. Pharmakon fait encore une musique noise qui secoue, qui refuse d’être reléguée à l’arrière-plan, qui choque. Et la pochette qui orne le tout ajoute un élément de contact humain au thème habituel de ses pochettes précédentes, soit un tableau présentant Chardiet elle-même dans une situation troublante, quasi-cauchemardesque.

Contact est encore une fois un décharge assez brève mais très intense du noise qui a fait la renommée de Chardiet, et le fait qu’elle se répète un peu n’est pas vraiment un problème tant qu’elle continue à être aussi singulière et puissante. En fait, dans un tel contexte, un tout petit progrès ici et là a plus d’impact qu’une tentative de redéfinition purement théorique. Et l’amélioration ici est dans l’assurance que Pharmakon prend avec l’utilisation de sa voix.

Je le disais quand j’ai parlé de son album Bestial Burden: c’est par sa voix que Pharmakon s’impose, et ce qu’elle fait avec cet organe sur Contact est un nouveau sommet pour elle. La gamme de bruits qu’elle produit dès le début de l’album avec la chanson Nakedness of Need, plaquée sur les secousses et les ondes assourdissantes provenant de ses instruments, démontre mieux que jamais pourquoi elle reçoit toute cette attention depuis quelques années. Les autres one-person-bands de la scène noise vont devoir manger leurs croutes avant de faire autant d’effet qu’elle.

Ma note: 8,5/10

Pharmakon
Contact
Sacred Bones
32 minutes

https://pharmakon.bandcamp.com/

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