Concerts

Mutek 2017 : Soirée du 23 août

Mutek / Trung

Mon jour 2 commençait avec Inter_Connect London à la SAT avec deux Montréalais et trois Britanniques au programme. La soirée s’annonçait riche en palettes sonores avec des instruments inventés ou augmentés, et mettant à l’avant la relation entre la matière première et le geste.

Alexis Langevin-Tétrault (Alexeï Kawolski, QUADr, BetaFeed) ouvrait la soirée avec Interférences (String Network), un instrument à cordes fait à partir d’un cadre et de câbles élastiques réagissant aux tensions et détentes. La performance était instinctive, presque sauvage, et faisait rugir l’instrument comme une harpe futuriste noise.

Mutek / Trung

Graham Dunning suivait rapidement avec un DJ set très particulier durant lequel l’expérimentation sur platines, cassettes et machines modifiées sitedemo.cauisaient un techno pas si loin d’un rave. Son tourne-disque « augmenté » permettait d’empiler jusqu’à six vinyles, six pistes desquelles il pouvait activer les mécanismes de jeu et modifier leurs propriétés en temps réel. Le côté imprévisible de son installation rendait sa performance amusante, à l’observer se déplacer rapidement de gauche à droite pour ajuster minutieusement chaque petit détail technique.

Mutek / Trung

Myriam Bleau était de retour avec une version approfondie de Soft Revolvers, que j’avais vu une première fois au festival AKOUSMA. La performance renouvelait le coup de cœur avec ses quatre grandes toupies musicales manipulées circulairement pour faire jouer des échantillons de techno, de hip-hop et d’éléments électros, et ce qui m’a semblé être des citations d’un certain politicien. La magie s’opère dans la façon d’utiliser les gyroscopes et les accéléromètres, créant des grooves surprenants entre les passages épurés et saturés.

Mutek / Trung

Le duo expérimental Sculpture, formé de Dan Hayhurst et Reuben Sutherland, nous a fait passé du noir et blanc à la palette de couleurs psychédéliques et une trame sonore presque aussi éclatée. L’installation visuelle était constituée d’une table tournante montée d’une caméra vidéo placée à la verticale, de sorte que l’image capte la surface tournante, donnant un effet zootropique rappelant Muybridge. La quantité de motifs et la vitesse à laquelle ceux-ci se succédaient à l’écran étaient hallucinantes, littéralement.

Mutek / Trung

Sensate Focus, projet du britannique Mark Fell (SND), terminait la soirée avec un set de house déconstruit teinté de techno et de glitch. Ça passait du dansant au non dansant, avec des grooves parfois funk ou disco, et un contraste appréciable entre la matière synthétique et l’interprétation soul.

Pendant ce temps, Nocturne 2 se déroulait au Métropolis avec Daphni, projet de Dan Snaith (Caribou, Manitoba) qui proposait un DJ set rallongé de six heures (!) ancré dans du gros house. Snaith n’hésitait pas à virer old school de temps en temps et tomber dans des rythmes afrobeat à rendre le public fou de joie. Partyyy!!! (veux-tu des chips?)

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