Bob Mould - Patch The Sky - Le Canal Auditif

Bob Mould – Patch The Sky

Bob MouldEn 2014, le bon vieux Bob Mould (ex-meneur d’Hüsker Dü et de Sugar), faisait paraître le célébré Beauty & Ruin, qui lui, faisait suite à l’excellent Silver Age; disque qui saluait le retour à l’avant-scène du parrain de la pop punk. La pertinence des albums du vétéran s’appuie généralement sur la qualité de ses chansons. Habituellement, le rockeur préconise une approche assez élémentaire de la réalisation, même si le son d’ensemble de ses productions est toujours puissant et clair. À 55 ans bien sonnés, Bob Mould est encore en mesure de nous brasser la cage adéquatement.

Et bien franchement, le nouveau-né de Mould, intitulé Patch The Sky, est éloquent d’explosivité, même si le bonhomme se gratte pas mal le nombril en exposant crûment son instabilité émotionnelle. En effet, Mould exhibe les démons qui l’habitent avec une franchise qui l’honore. Ça pourrait rebuter certains mélomanes plus réfractaires à ce genre de propos, mais musicalement, c’est tellement fougueux qu’on embarque pleinement dans la proposition. Un disque furieusement purificateur et unificateur!

Les guitares sont grasses et déflagrantes, la réalisation met l’accent sur la puissance décuplée des chansons de Mould et la performance musicale est tout simplement époustouflante, rien de moins. Et cette musique suggère, autant à Mould qu’à ses fans, qu’il y a bel et bien la lumière au bout du tunnel. À la fin de l’écoute, on est regaillardi et énergisé par autant de détermination, et ce, malgré la mélancolie purgative des textes.

Après deux maudits bons disques, je m’attendais à un léger de déclin de la part de Mould. À ma grande surprise, le songwriter propose son meilleur album depuis sa signature avec Merge Records. Ça fait réellement plaisir d’entendre un doyen du rock s’éclater de la sorte. Ce Patch The Sky renferme tout simplement 12 brûlots rock de haut niveau, incluant un excellent petit ralentissement titré Losing Sleep; titre rythmé certes, mais un peu plus éthéré que ce qui est proposé sur l’ensemble de l’album.

C’est excellent du début à la fin. Ça démarre avec 4 morceaux de bravoure qui dessuintent assez bien les oreilles: Voices In My Head, The End Of Things, Hold On et You Say You. Après Losing Sleep, Mould ne dérougit absolument pas et écrase l’accélérateur au plancher sans ménagement. Lucifer And God, Daddy’s Favorite, Hands Are Tied, Black Confetti et Losing Time préparent habilement le terrain pour la cathartique Monument. LA chanson ultime de ce disque! Frémissements garantis!

Ce Patch The Sky vient se loger en tête de liste des plus récentes sorties du vieux briscard. Supérieur à Beauty & Ruin et à Silver Age? Tout à fait… et ces deux efforts valaient déjà le coût. Enflammé, drastique, mélodiquement irréprochable, Bob Mould offre un vrai bon album de rock rasembleur et distinctif. Et comme je vous l’ai déjà mentionné auparavant, ceux qui croient que Foo Fighters est un grand groupe rock, je vous invite à prêter l’oreille à l’œuvre du bonhomme Mould. Dave Grohl? Bof.

Ma note: 7,5/10

Bob Mould
Patch The Sky
Merge Records
41 minutes

http://bobmould.com/

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