Critiques

Yann Tiersen

Infinity

  • Mute Records
  • 2014
  • 49 minutes
6,5

album-coverYann Tiersen revient cette semaine avec un huitième album studio, successeur de Skyline (2011), intitulé Infinity. Au programme, dix titres chantés en breton, en féroïen (langue germanique), en islandais, en anglais et en français. Le musicien, devenu populaire grâce à la trame sonore du film de Jean-Pierre Jeunet, Le fabuleux destin d’Amélie Poulin, s’est immergé soigneusement dans différents registres linguistiques et sonores (vivant un certain temps à Reykjavik) et s’est adjoint les services d’Aidan Moffatt (Arab Strap) ainsi du quatuor à cordes Amiina afin de sitedemo.caiguer un album aux sonorités exotiques évoquant les grands espaces islandais.

Fortement influencé par des ascendants sonores immatériels à la Sigur Ros, Tiersen (un fanatique notoire de la période new-wave) amalgame ses habituelles constructions chansonnières à un rock fédérateur ainsi qu’à des portions musicales issues du terroir gaélique. On se retrouve en terrain connu, à l’exception de l’enrobage qui se veut légèrement différent. Ceux qui sont demeurés scotcher à la trame sonore du film de Jeunet pourraient trouver l’ensemble un peu trop aérien.

Même si parfois les introductions éthérées peuvent paraître parfois superflues, les chansons de Tiersen, un brin grandioses, tiennent solidement la route, pourvoyant à certaines occasions frissons et frénésie. C’est lorsqu’il emprunte la voie mélancolique/majestueuse que le créateur prend sérieusement du galon. La frémissante Gronjord de même que la chevaleresque Ar Mahen Bihan font admirablement le travail en ce qui concerne la propagation de sensations fortes.

Quand Tiersen nous la joue un peu plus «new age», on entend un musicien de talent tentant maladroitement d’intellectualiser inutilement sa musique. Ce n’est rien pour vraiment amenuiser l’appréciation de ce disque, mais c’est juste assez pour venir agacer le mélomane qui a simplement envie de se laisser bercer par les ritournelles de l’instrumentiste sans trop se casser la tête. L’assoupissante In Our Minds et la pièce titre en introduction, Infinity, s’avèrent de sérieux suppléants à une prise de somnifères…

Ceci dit, Tiersen est un artiste doué et parvient aisément à offrir de merveilleux morceaux prenants et captivants: la conclusive Meteorites, les fédératrices A Midsummer Evening et Lights, la très enjouée The Crossing viennent assurément bonifier ce Infinity. Ce n’est pas un grand cru de Tiersen, mais ça demeure toujours fort adéquat.

Même si on sent Yann Tiersen prisonnier de sa recette musicale, et ce, malgré un enduisage vaporeux, l’homme demeure pertinent. Son approche musicale est modérément passéiste, mais il réussit à garder le cap en s’inspirant de différentes cultures musicales. Les fans n’y verront que du feu et devraient suivre sans difficulté le bonhomme dans sa nouvelle aventure musicale. Convenable!

*Yann Tiersen sera en concert au Club Soda (Montréal), le mardi 3 juin prochain à 20h30.

Ma note: 6,5/10

Yann Tiersen
Infinity
Mute Records
49 minutes

livestream.yanntiersen.com

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