Critiques

Violent Femmes

Hotel Last Resort

  • PIAS
  • 2019
  • 38 minutes
6,5

Violent Femmes est un groupe culte de « folk-punk » américain provenant du Wisconsin. Fondé en 1980, ce trio est composé du chanteur, auteur, compositeur et guitariste Gordon Gano, du bassiste Brian Ritchie et des batteurs Victor DeLorenzo (1980–1993 et 2002–2009) et Guy Hoffman (1993–2002). Ils ont connu un succès instantané avec leur album éponyme en 1983. Ce dernier contient d’ailleurs la majeure partie de leurs plus grands succès tels que Gone Daddy Gone, Add It Up, Blister In The Sun, Kiss Off…

Le groupe se caractérise par un son particulier difficile à définir. Les champions du country-folk-punk possèdent une fougue inégalée, un rock acoustique musclé, sans oublier la voix nasillarde, délinquante et addictive du chanteur.

Du nouveau, trente-six ans après l’inoubliable choc du premier album? D’abord, on reconnaît l’esprit de Violent Femmes : un savant mélange de rock, de folk, de post-punk, du jazz spirituel, de blues country et d’improvisation. Un dixième album qui part dans tous les sens, qui touche à tous les styles et qui donne parfois un sentiment de pièces inachevées.

Le côté absurde de certaines pièces ne valorise pas toujours l’oeuvre. On débute avec Another Chorus; une critique au format traditionnel des refrains pop. C’est rigolo avec son côté hip-hop dans les couplets, mais on s’en lasse vite. L’opus se termine avec un réarrangement de God Bless America le chanteur y fait une nouvelle interprétation. Cependant, l’improvisation musicale free jazz détonne. On salue l’audace de la mélodie fredonnée de manière a capela sur Sleepin’ At The Mettin’, même si on ne saisit pas trop la pertinence de cet intermède sur l’album.

Les pièces maîtresses de l’album sont Hotel Last Resort où le guitariste Tom Verlaine de Television propose une atmosphère planante à la pièce. La balade Paris to Sleep, où l’on relate l’acte terroriste que la ville a subi en novembre 2015, est touchante de vérité. Gano y va d’une performance mi-chantée, mi-parlée, à la Leonard Cohen.

Les retrouvailles du groupe ne réussissent malheureusement pas à recréer la flamme d’antan et on reste mitigé malgré quelques titres intéressants. Ce nouvel enregistrement aura réussi à nous faire replonger avec nostalgie à l’époque de gloire de Violent Femmes.

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