Critiques

Victime

La femme taupe

  • Michel Records
  • 2018
  • 29 minutes
7

Victime lance son premier album. Après un EP fort prometteur paru mars 2017, le trio de Laurence Gauthier-Brown, Simon Provencher et Samuel Gougoux lance La femme taupe. Un album qui surprend par le raffinement du son et par la direction plus champ gauche que bruyante qu’emprunte le trio. Et ce n’est sans doute pas totalement étranger à la présence de Guillaume Chiasson (Ponctuation, Jesuslesfilles, Solids) derrière la console.

L’EP était une véritable décharge de bruit qui rentrait au poste. Le raffinement avec été laissé de côté au profit de l’énergie brute qui reflétait fidèlement le groupe sur scène. La femme taupe voit le groupe mettre un peu de côté le bruit pour se concentrer sur les mélodies aux influences psychédéliques et post-punk. N’allez pas croire pour autant que ça devient du folk. Samuel Gougoux tape toujours assez fort sur ses tambours, Provencher fait encore du bruit avec sa guitare et Gauthier-Brown n’aura pas le choix de traiter sa voix au gingembre.

Par contre, les mélodies frappent beaucoup plus dans le mile. Par exemple, Fatigue, avec sa batterie par moment dance-punk, est une ritournelle totalement entraînante qui donne envie de se faire aller le moneymaker. Et celle-ci se jette par la suite dans la bruyante et appréciable Labyrinthe qui frappe aussi dans le mile. Et même si le bruit n’occupe plus la place centrale dans le son du groupe, des chansons comme Capitaine plaisir nous rappelle que le trio est capable de te parachuter du bruit avec une force très efficace.

Il reste sur La femme taupe de nombreux moments où ça semble enregistré avec les moyens du bord, et ça fait leur charme. À la manière de Corridor, l’esthétique sonore est lo-fi alors que les chansons sont franchement bien écrites. D’ailleurs, les deux groupes feraient une belle paire en spectacle. Je dis ça de même, de dis rien… Brocher un doigt nous un surprenant chœur vocal puissant et magnifique. Un peu comme sur Virus super danger.

C’est réellement un album réussi pour Victime qui arrive avec un son intéressant, une énergie contagieuse et des compositions qui tiennent la route. Les trois musiciens talentueux tentent de nouvelles avenues et l’on sent derrière le projet une envie d’exploration et d’audace. C’est toujours très séduisant.

2 commentaires

  1. Eric Caouette, le 2018-03-07 à 21:00

    Un peu de rattrapage tardif mais je réécoute la femme taupe, l’energie qui s’en dégage la complexité et les sprinkles de jazz ici et là en comparaison avec un LDA de mgmt qui se mérite une note plus élevée que le récent opus de Victime. On est pas à la petite école mais je n’en suis pas capable de me convaincre que LDA méritait une note plus élevée. Va falloir mettre une firme de vérification là dedans!

    • Louis-Philippe Labrèche, le 2018-03-08 à 01:21

      Bonjour Éric. Je comprends ta surprise. Il ne faut pas nécessairement comparé toujours les notes une à une. Je peux t’en parler parce que j’ai fait les deux critiques. J’ai pris en considération, pour l’un et l’autre, les groupes qui s’y comparent. C’est pas du tout la même game dans le post-punk que dans la pop un peu marginale. Je te dirais aussi que l’un et l’autre des records méritent d’être écoutés parce qu’ils sont tous les deux pas mal bons. J’ai aussi un gros faible pour Victime et malgré la note légèrement inférieure, j’ai davantage le goût d’y retourner. C’est jamais tout blanc ou tout noir ses affaires-là. Merci de ta remarque fort pertinente.

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