Critiques

USA Nails

Life Cinema

  • Hex Records
  • 2019
  • 25 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Mon premier contact significatif avec la formation londonienne USA Nails a eu lieu par l’entremise de l’album No Pressure (2016). Cette mixture de no wave, de post-punk et de noise rock m’avait emballé au plus haut point. Un an plus tard, le groupe propulsait ses assauts sonores à un niveau supérieur avec l’avènement de l’excellent Shame Spiral; un mur de son bourré de guitares crasseuses, mais étonnamment ingénieuses.

Et voilà que vendredi dernier LE secret punk le mieux gardé du Royaume-Uni revenait à la charge avec Life Cinema… car oui, USA Nails fait partie de tous ces groupes actuels, d’origines britanniques et résolument punks, qui offrent une bruyante résistance à la médiocrité sociale, politique et économique qui sévit dans ce coin de l’Europe… et de ce côté-ci de la grande flaque, il va sans dire !

Au cours des deux dernières années, après avoir tourné incessamment avec des groupes comme Viagra Boys, Cocaine Piss et Unsane, USA Nails s’est engouffré dans un studio de Londres en compagnie du réalisateur Wayne Adams pour nous offrir un album frénétique et agressif, fidèle à leur habitude. Mais cette fois-ci, le groupe fait preuve d’un remarquable sens mélodique tout en conservant intact son cocktail sonore habituel. Un pas de géant pour ce groupe qui ne fait jamais de compromis.

Côté thèmes, le quatuor frappe sur les mêmes clous depuis ses débuts : aliénation consentie au « dieu capitaliste », emplois inutiles et humiliants, artistes en quête de reconnaissance à tout prix et anxiété sociale constante causée par cette éternelle obligation d’arborer un sourire « colgate » en toutes circonstances. USA Nails met le doigt sur le bobo et ça fait magnifiquement mal !

Cette charge en règle démarre en trombe avec la trépidante Smile :

« I am a human traffic light

A talking book

I am a placater

I am a human traffic light

A broken telephone

And you’re the receiver

And I turn up

I turn off

I turn up

I turn off

I turn up

I turn off

I turn up

I turn off

I turn up

I turn off

I turn up

I turn off

I turn up

I turn off

And I smile ! »

Smile

Et ça ne dérougit pas jusqu’à la sarcastique Life Cinema Reprise qui met de l’avant une boîte à rythmes remémorant sérieusement l’accablant succès Da Da Da (1981); pièce écrite par la formation allemande Trio. Sourire garanti.

Parmi les meilleures chansons de ce Life Cinema ? La très McLusky titrée Man Act, la post-punk de type « dégraissage d’oreilles » You Wish, la basse qui éructe dans Microphone, le riff matraque dans A Fair Nickel ainsi que la rythmique martiale dans A Sens of Self Will Always Limit You (ç’a le mérite d’être clair !).

Honnêtement, cette année musicale me laisse quelque peu sur mon appétit. L’irruption de ce disque volcanique est un pur bonheur.

Si vous aimez Pissed Jeans, Sonic Youth, Wire et tout le travail d’Andy Falkous (McLusky, Future of the Left, Christian Fitness) c’est à découvrir sur-le-champ !

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