Critiques

Turnstile

Nonstop Feeling

  • Reaper Records
  • 2015
  • 28 minutes
6,5

TurnstileVoilà une sortie qui nous est complètement passée sous le radar en janvier dernier. Qu’à cela ne tienne, le matériel offert sur le premier album de ces cinq jeunes hyperactifs du Maryland mérite qu’on s’y attarde avec un brin de retard.

«If feeling is what they want, then feeling is what they get!»

Ainsi commence Gravity, première pièce de l’album, le ton est donné alors que le groupe passera la prochaine demi-heure à nous servir un amalgame de hardcore/rap métal/pop punk qui sonne complètement ridicule sur papier, mais qui fonctionne très bien, justement grâce au feeling et à l’énergie brute qui transpire de la galette dans son ensemble.

Si certaines chansons un peu maladroites comme Drop et Bleach Temple ressemblent davantage à des bonnes idées inachevées, Fazed Out, Bring It Back et plusieurs autres dont l’excellente Stress, livrée en fin de parcours, sauvent les meubles haut la main.

Si le revival grunge tire un peu à sa fin, on remarque ici quelques influences de la seconde moitié des années 1990, notamment parce que la voix de Brendan Yates fait souvent penser à celle de Zach de La Rocha de Rage Against The Machine (surtout quand il crie) et que certains refrains évoquent légèrement l’album bleu de 311 que tout le monde s’enregistrait sur cassette en 1995. C’est sûrement une coïncidence par contre, étant donné que la moyenne d’âge du groupe semble tourner autour de 21-22 ans.

Quoi qu’il en soit au niveau des influences, la formule utilisée par le groupe est terriblement efficace et on imagine que ça décape d’autant plus en spectacle. Voilà un groupe qui s’approche dangereusement de sa vitesse de croisière. Ce qui me rappelle un peu le parcours de Cloud Nothings, groupe qui ne m’avait pas vraiment impressionné à la sortie de son premier album, mais qui m’avait fait ravaler mes paroles avec ses albums Attack On Memory et Here And Nowhere Else.

Enfin, si Nonstop Feeling est loin d’être parfait, Brandon Yates, Franz Lyons, Daniel Fang, Brady Ebert et Sean Cullen disposent certainement de bonnes, même d’excellentes pistes pour la suite des choses. Ils n’ont qu’à éviter les interludes instrumentaux inutiles et mieux travailler leurs attaques et leurs structures pour devenir quelque chose qui ressemblera à un incontournable de la scène au sein de laquelle ils évoluent. C’est en tout cas très rassurant de voir qu’il y a une relève aussi motivée et intense que la vieille garde à l’époque. Quelque chose me dit qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’eux, même si je m’y suis moi-même pris un peu tard.

En attendant, allez télécharger cette turbo finale d’album appelée Stress sur leur Bandcamp et ajoutez-la à votre playlist de manifestation. Musique idéale pour se foutre en rogne contre la police. Résultats garantis!

Ma note : 6,5/10

Turnstile
Nonstop Feeling
Reaper Records
28 minutes

https://turnstilehc.bandcamp.com

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=0rqLsJTXuoo[/youtube]