Critiques

The New Pornographers

The Former Site of

  • Merge Records
  • 2026
  • 41 minutes
6,5

Dixième album pour la formation britanno-colombienne, The New Pornographers, qui s’éloigne comme jamais des refrains accrocheurs et autres hymnes à chanter à plusieurs qui ont fait leur renommée. Du moins au cours de leurs dix premières années d’existence. Sur The Former Site of, exit aussi les airs sautillants, les riffs de guitares balançant entre l’indie et la power pop. On est en présence ici d’un spleen qui s’étend sur dix chansons mélancoliques à souhait.

Le ton est donné dès la vaguement psychée Great Princess Stories. Sans renier la pop, ses arrangements renvoient à une habile juxtaposition des guitares acoustiques et des harmonies de voix sublimes. Marque de commerce du groupe qui a été préservée.

Déjà plus techno et légèrement plus déconstruite dans sa structure, Pure Sticker Shock dégage des relents de new wave et synthpop des années 80. Un midtempo sympa rehaussé par la ronde de basse distorsionnée. Une suite dans la même cadence, mais avec une instrumentation différente, sur Ballad of the Last Payphone. Rare moment un peu ludique dans les paroles.

Spooky Action flirte quant à elle avec le new age et autres sonorités soporifiques. Après quatre titres, on se demande si la cadence va s’accentuer quelque part. La réponse est non. Les beats persistent à la même vitesse. On camoufle ces répétitions à grands coups d’arrangements grandiloquents. Comme si on avait voulu travailler davantage les ambiances que la mélodie. Wish You Could See Me I’m Killing It en est la parfaite démonstration.

Encore quelques fioritures technos sur Votive qui – ENFIN! – lève un brin. Mais pas avant une intro s’étalant sur la première moitié de la chanson. Quand la guitare prend plus de place dans le mix, c’est là qu’on retrouve ce qui fait davantage le charme du groupe. Avec un écho de New Order. La très space Bonus Mai Tais nous amène ailleurs, mais, en même temps, les voix sonnent tellement New Pornographers.

Quant à la pièce-titre, on se rabat constamment sur une vitesse de croisière mièvre se maintenant dans des eaux tranquilles. Étonnamment, même si elle s’étire plus de six minutes, elle s’apprécie dans sa longueur. Pas d’enflures. Juste un air qui prend son temps.

Si vous aviez délaissé The New Pornographer en cours de route, ça vaudrait la peine d’écouter les albums In the Morse Code of Brake Lights et Continue as a Guest avant de vous plonger dans The Former Site Of. Ne serait-ce que pour ne pas être trop déboussolé devant cette approche plus introspective, davantage axée sur les paroles.

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