Critiques

The Internet

Hive Mind

  • Columbia Records
  • 2018
  • 58 minutes
8
Le meilleur de lca

The Internet lançait vendredi dernier leur 4e album studio intitulé Hive Mind. Les dernières années se sont bien déroulées pour la formation soul-funk, Ego Death, leur précédent opus, a reçu une nomination au Grammys en 2016. De plus, les membres du groupe ont multiplié les collaborations depuis 2015.

Voici que la formation nous propose Hive Mind qui continue dans la lignée déjà bien entamée, mais en poussant un peu plus loin les limites de la facture sonore en y injectant des référents indie-rock et pop. Parce que The Internet se fait plus pop sur ce nouvel album et délaisse les fins de chansons en queue de poisson. Il nous propose des chansons plus abouties où les idées y sont développées à fond.

Une bonne dose de volupté habite Hive Mind. Difficile de résister à Syd qui nous chante :

Maybe you should stay the night
Why don’t you stay the night
Baby just stay the night

– Stay the Night

Ces paroles aux allures plutôt simples sont chantées avec une égale part de désir charnel et de fragilité qui les rendent viscérales. Parfois, ça ne sert à rien de faire des sparages. La trame qui habille les paroles possède la même volupté que D’Angelo avec une instrumentation sobre où chaque élément est minutieusement calibré pour donner un sentiment de fin de soirée à la chandelle. The Internet y va de plusieurs mélodies efficaces sur Hive Mind. Come Over est un excellent exemple de ce dont est capable la formation. En prime, lorsque la partie principale est terminée, on tombe dans un magnifique jam d’une minute qui est chanté cette fois par Steve Lacey sur fond de sonorités qui rappellent Thundercat.

These bitches want diamond rings, Birk’ bags and other bling
I just don’t feel the same
Vanity’s not my thing
– Come Over

Comme ça, en fin de chanson, le groupe envoie une critique directe à une frange du mouvement hip-hop. La seule déception est que ce moment ne dure pas plus longtemps parce que la mélodie vocale et la partition musicale sont parfaites.

Syd se surpasse dans ses interprétations qui mélangent soul et R&B. It Gets Better (With Time) est un bon exemple de la douceur dont elle est capable. L’intimité s’installe rapidement entre la musique et l’auditeur. Même chose sur Wanna Be où le groove et la volupté sont roi et reine. Le funk n’est pas pour autant évacué. Roll (Burbank Funk) nous en donne une bonne dose qui donne envie de taper du pied et peut-être même faire un pas de danse. Même son de cloche du côté Look What U Started qui possède un groove indéniable.

C’est résolument un album réussi pour The Internet qui continue de se bonifier avec le temps. Il semble que tous les membres gagnent en assurance et assume autant leur goût pour la mélodie accrocheuse que les instrumentations originiales. Avec un relatif dépouillement, le groupe créer des pièces qui sortent des sentiers convenus sans s’en éloigner trop.

 

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