Critiques

The Blaze Velluto Collection

We Are Sunshine

  • Dare To Care Records
  • 2020
8
Le meilleur de lca

Quoi de mieux qu’un bon album de folk-psych-rock québécois pour passer à travers la saison grise ? Blaze Velluto nous revient, deux ans après la parution de Weatherman, accompagné d’une cordée de seize musiciens, tous aussi talentueux les uns que les autres. Celui qui nous avait convaincus par son enveloppe sonore rétro et ses riffs country entraînants poursuit sur cette lancée, cette fois, plus ensoleillée que jamais.

We Are Sunshine, c’est une porte de sortie en dehors du quotidien, de la lumière et des nouveaux amis. C’est une aventure, un roadtrip dans les montagnes de l’Oregon jusque dans les rues caniculaires de Québec. Avec des influences rock des années soixante telles que The Kinks et des sonorités plus mélodiques comme celles de Simon and Garfunkel, Blaze Velluto tâche de naviguer entre les deux, tout en gardant une palette sonore bien contemporaine.

Et c’est sans compter sur le travail incroyable au mixage signé Guillaume Chiasson (Bon Enfant, Ponctuation, Jesuslesfilles, Solids) et de l’invétéré Tonio Morin-Vargas. La typicité de The Blaze Velluto Collection se révèle sans aucun doute dans le duo vocal de Blaze Velluto et de Little Miss Roy qui, avec son timbre unique à la June Carter Cash, vient égayer les neufs chansons sur lesquelles elle figure. D’ailleurs, Ann Frances Meyer (Les Deuxluxes) ajoute également son grain de sel au chœur, assurant l’emballage rétro des chansons.

Fish Mountain Part. I lance l’album en nous donnant l’impression de flotter sur l’eau. Courte pièce au naturel côté psychédélique, elle s’impose comme une douce et enveloppante introduction avant l’entrée énergique de Fish Mountain Part. II. Chanson joyeuse qui déboulonne plusieurs styles, elle convainc aussitôt par son entrain et ses paroles imagées et rassembleuses. Sur un fringant rythme de blues s’installe The Rabbit Song : une ode à l’été, aux jupes qui s’envolent et aux amours passagers.

Puis, Kangaroo étonne par son langage expressif et enfantin, exposant la précision du rythme de la chanson :

« Everyone’s bouncing to the beat, drinking at the local zoo

   A tall, a short and a boogie one, hitting on the new girl

   Lola was a kinky ape-man dressed in a woman’s suit

   She’s alright living her life

   Boxing like a kangaroo  »

– Kangaroo

L’incontestable envie de hurler « Kangaroo » avec les chœurs durant les refrains témoigne de l’habileté des musiciens à nous faire embarquer dans leur sympathique folie. L’album se poursuit avec Love You Black, chanson intime où émane la beauté mélodieuse d’un violon chinois. Cette fois sans chœur, Blaze Velluto y va d’une pure introspection en laissant place à une plus grande émotivité.

Spinning Love étend sa magie jusque dans la flûte et les harmonies vocales. S’ensuit Cosmetic, une pièce à l’âme rock psychédélique des années 60 et 70 détenant une résonance garage. Elle évolue sur d’autres élans rétros en honorant l’effet collectif du projet par sa mise en valeurs d’instruments variés et par son dynamisme musical.  Avec ses accords inquiétants, Plate Love s’installe comme un wake-up call. Les percussions envoûtantes de Sirens donnent le ton à cette chanson quasiment ensorcelante, qui ne nous donne pas d’autres choix que de lui accorder toute notre attention. L’album se conclut de manière satinée avec la chanson-titre. Douce, poétique et pleine d’espoir, elle nous fait flotter encore un peu.