Critiques

Stéphanie Boulay

Ce que je te donne ne disparaît pas

  • Grosse Boîte
  • 2018
  • 28 minutes
7,5

On connaît mademoiselle Stéphanie Boulay comme étant membre de la formation Les Soeurs Boulay. Depuis la prise d’une sabbatique (bien méritée), une résultante de plusieurs concerts échelonnés sur de nombreuses semaines, la jeune dame à la chevelure blonde frisottée gribouille quelques textes de son côté pour finalement créer un album solo : Ce que je te donne ne disparaît pas. Un projet, qui en soi, est bien ficelé par ses huit ballades folks qui permettent de bien profiter de cet automne frisquet.

La signature Boulay se cache derrière une poésie intimiste baignant dans la douceur et l’amertume. Grâce aux quelques grattements de guitare, en plus d’avoir des orchestrations (harpe, flûte traversière, trompette, contrebasse), l’ensemble du disque est touchant et intimiste. Comme sur la pièce Des histoires qui ne seront jamais finies, les arrangements sont bien ficelés en plus de venir contrebalancer la voix de Boulay. C’est égal, c’est bien fait. Comme dirait Louis-José Houde à L’ADISQ 2018 : « c’est franchement joli ». Idem pour la pièce titrée Le piège qui possède quelques influences bossa-nova. En l’écoutant, il est assez difficile de ne pas bouger la tête en dodelinant de tout bord, tout côté.

La chanteuse nous ouvre les portes de son plus beau journal intime en évitant les tabous, les clichés et le déjà vu. Boulay met les cartes sur table et nous dit la vérité qui se cache derrière son coeur. Épaulée par le réalisateur Alex McMahon, l’auteure-compositrice-interprète propose ici une première galette réussie dont la musique, qui a beau être fragile, occupe une place importante dans l’ensemble de l’oeuvre. On savait que Les Soeurs Boulay avaient de grands talents en tant qu’instrumentistes et compositrices. Sur Ce que je te donne ne disparaît pas, on prend plaisir à découvrir l’épanouissement de Stéphanie Boulay en tant qu’artiste entière.  Je ne vous cacherai pas qu’il est intéressant de voir l’une des soeurettes Boulay s’imposer avec son bagage musical pertinent et lumineux… surtout en ces temps de parité dans le paysage culturel québécois.

Le nouveau disque de la chanteuse s’écoute comme si on dégustait un petit beigne chaud du matin, comme si on regardait chaque feuille tomber des érables, comme si on s’emmitouflait d’une couverture chaude près d’un foyer… Ce que je te donne ne disparaît pas vaut le détour pour toutes oreilles désirant se faire bercer la tête et le coeur.

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