Critiques

Sonic Boom

All Things Being Equal

  • Carpark Records
  • 2020
  • 57 minutes
8
Le meilleur de lca

Membre fondateur de Spacemen 3, formation culte de garage rock psychédélique des années 80, Peter Kember travaille régulièrement sur différents projets, mais sort rarement de la musique sous son nom d’artiste Sonic Boom. All Things Being Equal est son deuxième album solo, le premier en 30 ans après Spectrum. Beaucoup d’attente pour un nouvel album après tout ce temps, mais Sonic Boom sait clairement ce qu’il fait.

Sur All Things Being Equal, Sonic Boom remplace le garage rock psychédélique de ses premiers projets, du genre bad trip qui dure une semaine, par un son électro et pop psychédélique, parfait pour de gentils champignons qui durent seulement une journée. Un style musical légèrement différent, mais qui ne trahit pas les fondements de l’artiste et ça demeure toujours cohérent avec son évolution. 

C’est aussi un psychédélisme assez moderne qui rappelle Panda Bear, qui a probablement lui-même été influencé par Sonic Boom et ses différents groupes. Sans surprise, puisque ce dernier a déjà produit deux albums de Panda Bear, ainsi qu’un album de MGMT et un de Beach House. C’est un genre qu’il connaît comme le fond de sa poche. 

L’album démarre avec Just Imagine, morceau lent et planant aux accents électroniques délicieusement étranges, qui donne le ton pour la suite : ce sera une exploration colorée de l’esprit pour chaque auditeur. La tout aussi planante Just A Little Piece Of Me rappelle Spacemen 3 et donne envie de méditer ou bien de faire une sieste dans l’herbe et se fusionner à la nature. Pour leur part, On a Summer’s Day et The Way That You Live sont des gentils et relaxants trips qui font tout autant rêver, alors que Things Like This (A Little Bit Deeper) résume bien le voyage entrepris :

« Take me somewhere 
(A lil’ bit deeper) 
I don’t mind if 
(The climb is steeper) 
Take me somewhere 
(A lil’ bit sweeter) 
Gonna rest my soul 
(And find some peace there) »

– Things Like This (A Little Bit Deeper)

Cette aventure d’une durée d’une heure comporte aussi son côté obscur qui rappelle à l’occasion The Residents. La mystérieuse, voire même cauchemardesque, Spinning Coins and Wishing on Clovers, fait remettre en question les choix faits dans la vie, ce qui est une pensée plutôt angoissante. La chanson I Can See Light Bend persévère dans le même délire lugubre, alors que My Echo, My Shadow and Me sombre encore plus profondément avec sa musique dérangeante, sa voix mi-robotique, mi-outre-tombe et ses paroles répétitives dignes d’un film d’horreur.

« I am the darkness that you’ll never see
[…]
I am the sun you can’t turn away from
[…]
I am the wave that’ll never see land »

– My Echo, My Shadow and Me

Avec All Things Being Equal, Sonic Boom réalise un album efficace et harmonieux tout en affirmant son style sans concession du début à la fin. Chacun des dix titres a sa personnalité et son importance et pourrait potentiellement être un simple. Même si rien ne ressort particulièrement sur l’album, cette homogénéité permet de s’immerger plus intensément dans cette expédition spatiale psychédélique sans rompre le rythme avec des chansons disparates. 

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