Critiques

Simon Kearney

Maison ouverte

  • Sphère Musique
  • 2019
  • 40 minutes
7,5

Simon Kearney est un visage connu de la scène de Québec, désireux de partir officiellement à la conquête du reste de la province avec son 2e album, Maison ouverte. Pour cette nouvelle session en studio, le fougueux chanteur blond invite Marc Chartrain (Patrice Michaud, Daniel Bélanger, Pascale Picard) à titre de réalisateur; une nouvelle collaboration qui fonctionne drôlement bien.

Le premier extrait, C’pas les raisons qui manquent, avait déjà mis la table, à l’été 2018, pour l’accouchement d’un opus très accrocheur et mélodique. Le jeune prodige de L’Ancienne-Lorette ne le nie pas, bien au contraire. Il fait de la pop n’ roll, c’est-à-dire de la pop très assumée, avec un coeur de rockeur. Ça se confirme avec Mes pants, un deuxième vers d’oreille stoner-pop tiré du disque, qui contient son lot de clins d’oeil aux effets musicaux des plus grands succès des années 1990. L’auteur-compositeur-interprète prend même la peine d’expliquer sa démarche dans un refrain funk, généreusement agrémenté d’autotune, de cloche à vache et de « airhorn ».

« Je gagne pas les concours et je trouve ça drôle
Tout ce que je veux faire c’est du pop n’ roll
Take my money and take my soul
Tout ce que je veux faire c’est du pop n’ roll »
– Pop n’ roll

Du début à la fin des 11 titres, les lignes mélodiques sont parfaitement réfléchies, parfaitement radiophoniques. Pas que Kearney ait habitué son public à du rock hyper abrasif, mais la transition reste assez déroutante. Du début à la fin, tous les codes de l’album pop sont respectés : les voix synthétisées, une chanson à saveur tropicale (Infirmière), l’assaut incessant des claviers (Bête Sauvage) et même la power-balad d’un amour déçu (Câline). Aucune réinvention de ces paramètres musicaux, mais une manière étonnamment efficace et de se les approprier. On ne sait pas s’il s’agit d’un simple exercice de style ou si la tendance est là pour rester, mais force est d’admettre que le genre sied à merveille à Simon Kearney et son équipe.

Même si le rythme s’essouffle un peu vers la fin, la chanson-titre Maison ouverte réussit plutôt bien à rattraper le coup, grâce à une couleur guitaristique qui se trouve davantage dans les cordes du Lorettain. Le tout se termine avec une chanson bonbon et épique, piano à l’avant-plan, comme dans les meilleurs disques de Christina Aguilera.

« J’ai pas des gros pipes mais j’ai tout ce que t’as rêvé
Dans un char prêt à décoller au BC mon bébé
On est juste des ados perdus dans le vice et dans la Pabst pas cher »
– Ados perdus

L’album plaira assurément aux amateurs de pop de la fin des années 90 et aux jeunes buveurs de Pabst. Le futur nous dira s’il réussit à conquérir le reste de la province, mais on lui prédit tout de même quelques rotations fortes sur les ondes radiophoniques.

P.-S. Les fans de grammaire sont invités à tendre l’oreille jusqu’à la toute dernière seconde de l’album.