Critiques

Sessa

Grandeza

  • Boiled Records
  • 2019
  • 30 minutes
8
Le meilleur de lca

Parmi les sorties qui retiennent l’attention depuis le début de l’année, une est particulière. Sessa est un artiste brésilien qui fait une bossa-nova psychédélique tout à fait unique. Sa voix particulière, la livraison lo-fi de Grandeza et les chœurs vocaux légèrement réverbérés donnent une dimension quasi mystique à l’album.

Sessa voulait avec Grandeza offrir un album qui allait célébrer l’importance de l’amour et la douceur des corps humains. Cette volonté réconfort du grand sentimental se traduit par des pièces qui souvent bercent les oreilles avec ses mélodies envoutantes. C’est le cas sur Gata Mágica avec sa guitare lente et voluptueuse ainsi que les voix féminines enchanteresses qui comme des sirènes nous attirent à bon port pendant que le flugelhorn nous achève. Cette douceur est à nouveau présente sur Dez Total (Filhos de Gandhy) qui nous charme avec son refrain accrocheur. Língua Geral est une autre belle pièce qui nous berce tendrement avec son refrain rempli d’une beauté bienveillante.

Mais n’allez pas penser que Grandeza n’est que balades. Flor Do Real avec ses cuivres chaotiques ressemble plus à ce qui fait la loi chez Sessa. On est ici devant une pièce où la voix de Sessa nous enivre comme un charmeur de serpent, des percussions simples et efficaces, des chœurs vocaux francs et ces cuivres qui viennent colorer l’ensemble lorsque c’est à propos, mais qui savent se taire lorsqu’il est temps de laisser parler les mots. Ces derniers sont de retour de magnifique façon sur Sangue Bom et continuent de nous assaillir de surprenante manière. Ils se font aussi puissants sur Tanto alors qu’ils débarquent après une minute trente pour prendre contrôle de cette chanson. Ils nous poussent des notes qui nous arrivent comme des vagues par journée de tempête.

Sessa a le don pour nous séduire et le démontre avec la chanson-titre qui a un petit groove qui donne envie de faire quelques pas de danse immédiatement. En même temps, il y a quelque chose de narquois dans l’approche du brésilien qui semble toujours avoir un sourire de la voix.

Franchement, ce Grandeza de Sessa vaut le détour. Et ce, même si vous n’aimez pas la musique brésilienne. Avec son approche non orthodoxe, il sort des cadres convenus tout en faisant toujours quelque chose de très accessible pour le commun des mélomanes. Voilà une belle douceur pour vous bercer l’âme dans les prochaines semaines.

1 commentaire

  1. db, le 2020-01-31 à 15:54

    Superbe !

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