Critiques

Sara Dufour

Sara Dufour

  • B-12
  • 2019
  • 36 minutes
7,5

On la connaissait avec son Dépanneur Pierrette paru en 2016, voilà que Sara Dufour, originaire de Dolbeau-Mistassini, nous propose un tout nouveau disque éponyme. Pour les amoureux du country et des grandes routes.

On connaissait le country de Dufour comme étant énergique et fougueux. Sur Sans rancune Buddé, les guitares se font ressentir. Les riffs sont variées et les textures s’y superposent assez bien. Dufour se veut revancharde avec une voix criarde très pétillante. Ça ressemble à un tantinet à la musique de Lisa LeBlanc, et c’est pas mauvais du tout. Sur Chic-Chocs, elle met en avant-plan un banjo mélodique, un violon vaporeux et une batterie percussive qui donneront des mouvements à la Achy Breaky Heart sans hésiter. Ceci dit, on peut lui reprocher que son registre vocal puisse être un peu impulsif, à certains moments. Ça peut agacer l’oreille. On retrouve la même problématique sur Semi-route semi-trail.

Cependant, ce qui est bien avec la musique de Sara Dufour est qu’on peut dire les “vra” affaires sans tomber dans le cliché sirupeux du country. La jeune femme se donne généreusement autant dans les paroles que dans les arrangements sonores. Sur Pareil, Dufour est à fleur de peau. Elle est touchante et simple dans ce qu’elle chante. Armée seulement d’une guitare où elle répète des motifs rigoureux, Dufour chante:

“Même si on s’est jamais vus

Même si la nuit a jamais vu l’soleil

J’tournerais l’coin, j’prendrais ta rue

On sait qu’tou’es deux on est pareils”

Pareil

La cadence s’accélère sur J’tu due pour caller l’cube. Une sorte d’hymne à ses racines du Lac-Saint-Jean. Bien fait dans l’ensemble. Les mélanges des instruments à cordes s’y donnent généreusement. C’est endiablé, c’est pas des farces. Ça donne le goût de frapper du pied. Bien joué.

“Rien que l’temps d’une p’tite bière avec le large

Ça m’est apparu drette dru comme la Sainte Viarge

La prophétie du zéro deux

Le vent du large m’a mouillé’es yeux

Pis m’a donné’es bleus

J’tu due, j’tu mûre pour caller l’cube?

C’tu l’heure coudonc?

L’heure du retour en région?”

J’tu due pour caller l’cube

Dufour fait reculer les limites du country avec cette nouvelle galette. On est loin des sentiers battus, on est loin du quétaine des chapeaux de cowboy et des bottes de cuir. On sent une réinvention du genre pour le rendre plus accessible.

Ce disque vous gardera en grande forme et vous collera un gros sourire sur vos lèvres. Si jamais vous prévoyez des vacances, mettez ce disque dans votre auto. Prenez le large et qui sait… peut-être même que ça vous donnera le goût de manger queq’ bleuets sur le chemin du voyage.

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