Critiques

Rouge Pompier

Neve Campbell

  • Slam Disques
  • 2020
  • 53 minutes
7,5

Rouge Pompier a de la suite dans les idées. Kevin Bacon, en 2012. Chevy Chase, en 2016… et voilà que Neve Campbell fait son apparition aujourd’hui même. Réguliers comme l’horloge, Jessy Fuchs (voix, guitare) et Alexandre Portelance (batterie), alias Jess et Alex Pompier, nous proposent toujours un nouvel album de rock à deux tous les quatre ans.

Enregistré par Jérôme Boisvert (Les Trois Accords, Oktoplut), ce nouvel album fut inspiré par un voyage contemplatif, semble-t-il; une immersion dans les fjords norvégiens. Par conséquent, on souligne la superbe pochette conçue par l’artiste visuel Édith Boucher. Une image qui symbolise autant le penchant plus mature et ténébreux des nouvelles chansons que la beauté des paysages scandinaves.

Bien sûr, on renoue avec le punk-grunge habituel du tandem, mais on y décèle une lourdeur et une mélancolie encore plus assumées. Et ce sont les textes, ponctués de métaphores marines, qui se démarquent. La protection parentale excessive, l’âgisme et tous ces principes abandonnés afin de protéger des amitiés et des amours chancelants sont des thèmes abordés simplement, mais avec pertinence. Rouge Pompier s’éloigne ainsi de l’humour bon enfant qui caractérisait parfois certaines de ses chansons.

Des dents sur le trottoir est particulièrement émouvante; pièce qui porte sur une relation difficile entre un père et sa fille et singularisée par l’interprétation sentie de Jessy Fuchs :

« Je te suis depuis longtemps

D’ailleurs, tu reviens

T’es un sujet de couloirs

J’avais pas besoin de tous ces combats

La vérité, le résultat ?

Elle sait que t’es encore au pouvoir

Loin, loin, depuis longtemps »

Des dents sur le trottoir

Rouge Pompier est à son summum d’efficacité quand la pédale est au plancher, misant sur l’explosivité de ses riffs qui évoquent à la fois le Weezer de l’album éponyme et le Nirvana d’In Utero. Copier-Coller, Brad Pitt dans l’pit avec la plèbe, Le plaisir de l’un c’est de voir l’autre se casser le cou (chanson parfaitement pop-punk) font partie des moments abrasifs par excellence de ce Neve Campbell. I will always plier les genoux se conclut avec un Jessy Fuchs qui se transforme en un imitateur inharmonieux de Céline Dion… sourire garanti.

En contrepartie, on aurait pu se passer de cette incursion dans le ska intitulée peu subtilement Ska ke c’tait et L’or du temps fait office de remplissage. Néanmoins, le ton plus sérieux, les refrains fédérateurs et la réalisation bétonnée font de ce Neve Campbell, le meilleur album de la discographie de Rouge Pompier.

Les adeptes de punk-grunge ancré dans la québécitude sauront apprécier à sa juste valeur ce nouvel album.

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