Critiques

Rosier

Légèrement

  • FamGroup
  • 2021
  • 30 minutes
7

Rosier est un groupe qui a une personnalité particulière. S’il faut travailler fort pour trouver ses sonorités et son identité propre, la formation y a mis le temps qu’il faut. Passant d’abord par Les Poules à Colin, le groupe a changé son nom en 2019. Cela accompagne aussi une progression dans leur démarche musicale. On garde toujours un certain amour pour les mélodies folk traditionnelles, mais le traitement musical est parfaitement ancré en 2021.

Légèrement est un album fascinant avec certains moments carrément enlevants et certaines pièces qui tombent à plat. On a l’impression que c’est tout ou rien avec Rosier. Le mélange de mélodies qui portent en lui un certain héritage québécois, quasi ancestral, et d’une pop rock groovy frappe dans le mille.

Commençons avec Pontoise, l’un des premiers simples parus pour présenter Légèrement. Il faut le dire, Sarah Marchand brille de mille feux sur celle-ci. Sa voix est parfaitement en équilibre entre une certaine langueur et une coquetterie certaine. Le tout se déroule sur une excellente composition du groupe et la mayonnaise prend. C’est le moins qu’on puisse dire. On peut en dire autant de La Poison tirée du répertoire québécois puisque c’est originalement une chanson titrée Dame Lombarde, chantée par Mme Zéphirin Dorion, une Acadienne de Port-Daniel. C’est vraiment difficile de s’en sortir avec ce genre de mélodie sans que ça donne un effet poussiéreux à l’ensemble.

Dans les voyages trouve aussi le moyen de moderniser une chanson qui vient du répertoire traditionnel français. D’ailleurs, c’est assez rare les formations qui s’en sortent avec deux chanteuses efficaces, mais c’est le cas ici, car à la fois Béatrix Méthé et Sarah Marchand sont habiles au micro.

La grande faiblesse de Légèrement, ce sont les chansons en anglais. Si on peut permettre des textes un peu plus minces à des morceaux qui datent de plus de 100 ans, pour de nouveaux textes, on s’attend quand même à une certaine rigueur. Paula Collins passe encore, mais Mad River manque de substance. Cependant, l’interprétation efficace de Béatrix Méthé l’empêche de sombrer complètement. De plus, musicalement, c’est encore une fois plutôt réussi.

Rosier nous offre un bien bel album avec Légèrement. La bande fait ce que personne d’autre ne fait bien : actualiser des compositions du répertoire traditionnel. Ce n’est pas une mince affaire. Leur réussite n’en est que plus impressionnante.