Critiques

Richard Reed Parry

Quiet River of Dust Volume 1

  • Secret City Records
  • 2018
  • 44 minutes
6,5

Richard Reed Parry est un membre important de la formation Arcade Fire. Ce multi-instrumentiste de talent est un contributeur essentiel aux créations du groupe. Passons sur le résultat navrant d’Everything Now; album sur lequel Arcade Fire n’avait absolument rien à dire et attardons-nous exclusivement au travail de Parry. Le rouquin nous proposait récemment un album solo intitulé Quite River of Dust Volume 1… qui laisse présager un volume 2 à paraître, probablement à l’hiver 2019.

En 2014, Parry avait conçu une création aux ascendants orchestraux et expérimentaux : Music for Heart and Breath. Sur ce disque, l’homme s’est adjoint les services des frères Bryce et Aaron Dessner (The National) et a travaillé avec le quatuor à cordes, Kronos Quartet. Sur Quiet River of Dust Volume 1, les frangins Dessner sont de retour et sont accompagnés par Dallas Good (The Sadies), Yuka Honda (Cibo Matto) et Aamdeo Pace (Blonde Redhead), pour ne nommer que ceux-là.

Pour cette nouvelle production, l’artiste nous convie à un voyage surréel, parfois psychédélique, à d’autres moments, expérimental, et bien souvent « nouvel âge »… Les mélodies vaporeuses et hypnotiques s’appuient sur un habillage sonore influencé par la musique expérimentale japonaise et sur quelques relectures électroacoustiques. Mais ces mêmes mélodies prennent tout leur sens d’abord et avant tout grâce aux influences manifestes des grands du folk britannique, de Bert Jansch en passant par Nick Drake.

Le résultat ? Un disque que l’on pourrait qualifier de folk « fleur bleue », timidement hallucinogène. Parry nous offre un album méditatif qui manque de personnalité et qui est un peu trop ésotérique, du moins pour l’auteur de ces lignes. Par exemple, la conclusive Farewell Ceremony est une sorte de mantra dans les vapes qui agace plus qu’elle n’apaise.

Cela dit, même si la démarche n’est pas toujours concluante, Parry a le mérite de faire ce qui lui plaît tout en s’extirpant d’une certaine zone de confort imposée par le carcan populaire d’Arcade Fire. On salue la distanciation à l’égard de l’œuvre de la formation canadienne. Ceux qui ont été amèrement déçus par Everything Now pourraient trouver un certain réconfort à l’écoute de ce Quiet River of Dust Volume 1. Ce disque aurait tout simplement mérité une prise de risque plus affirmée et un enrobage sonore moins gentillet.

Parmi les réussites, on note l’entrée en matière titrée Gentle Pulsing Dust, l’influence manifeste des frères Dessner dans Sai No Kawara, le folk très Nick Drake intitulé Finally Home et la conclusion cathartique, évoquant un volcan en éruption, dans I Was in The World.

Fans d’Arcade Fire, ne boudez pas votre plaisir, car Parry présente un disque hautement créatif… juste un peu trop ésotérique pour pleinement plaire à l’auteur de ces lignes.

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