Critiques

Rancid

Honor Is All We Know

  • Epitaph Records / Hellcat Records
  • 2014
  • 33 minutes
4,5

16318_400x400La dernière fois que la bande à Tim Armstrong a donné signe de vie, c’était en 2012 lors du lancement d’un single intitulé Fuck You, une ritournelle maladroitement adolescente pour des «dudes» de 50 ans passés. Dieu merci, cette chanson très ordinaire a atterri sur une compil de l’étiquette Pirate Press Records et n’a pas fini par aboutir sur le premier album en six ans des punks millionnaires: Honor Is All We Know.

Cela dit, le disque regorge quand même de tubes faussement rebelles (paroles réelles: «Raise your fist against the power that exist») et de pièces qui nous expliquent sans aucun humour que Tim Armstrong, Lars Fredericksen et Matt Freeman se promènent encore dans les ruelles comme celle derrière le Café Chaos le vendredi soir, bière dans un sac de papier à la main. Oui, oui les boys…

Si on était en 1994, je serais probablement le premier à louanger ce disque-là comme je l’avais fait à l’époque pour le jouissif Let’s Go. Le problème, c’est que la musique de Rancid, 20 ans plus tard, ne fait que jouer la carte de la nostalgie et rien d’autre. Déjà, sur Let The Dominoes Fall, on retrouvait des réécritures très peu subtiles des deux plus grands succès du groupe californien, soit Time Bomb et Ruby Soho. Pour cet album-ci, on a choisi une pochette ressemblant étrangement à celle du simple Roots Radicals…de 1994. De plus, la calligraphie choisie pour écrire les titres à l’endos est la même que celle de Let’s Go. On a compris, je pense.

Malgré tout, il y a quelques bons moments, redevables au fait que personne n’écrit de meilleur ska-punk que le duo Armstrong-Freeman, et ce, depuis les beaux jours d’Operation Ivy, groupe dont la dissolution fût responsable de la naissance de Rancid au début des nineties. Le principal problème de l’album, c’est que l’honneur et l’intégrité revendiquées sans cesse finissent par sonner faux rare quand c’est à peu près ton seul sujet. Surtout quand on sait que les gars se déguisent en punk avant de monter sur scène comme le groupe le plus cheap et poche de l’histoire du punk: The Exploited.

En rafale, et si on doit absolument se le taper, voici les bonnes chansons: Evil’s My Friend, Now We’re Through With You, Everybody’s Sufferin’ et la conclusive Grave Digger. Le reste, c’est du remplissage pis pas rien qu’un peu. C’est déjà une meilleure note que Dominoes qui était un flop total.

Doit-on en conclure qu’il est aussi difficile de vieillir dans le punk-rock que dans le hip-hop? Disons que rendu-là, c’est pas mal du cas par cas. On pourrait passer toute une soirée à nommer des bands qui sont désormais complètement ridicules ou à parler d’autres qui ne cesseront apparemment jamais d’être géniaux.

Reste que ce n’est pas donné à tout le monde d’être Propagandhi.

Ma note: 4,5/10

Rancid
Honor is All We Know
Hellcat/Epitaph
33 minutes

rancidrancid.com

4 commentaires

  1. Chose, le 2014-11-05 à 12:36

    j’adore ta critique.tu as mis le doigt dessus.

    p.s: ben d’accord aussi pour The exploited

    • Chose, le 2014-11-05 à 12:43

      Sauf propag ,désolé c’est dull

  2. Sedh, le 2016-01-25 à 12:20

    Pour avoir bossé sur des festivals accueillant Rancid ou Old Firm Casuals, je peux t’affirmer que, oui, les mecs se promènent encore à la cool dans les rues une bière à la main…

    Perso, je trouve qu’après 30 ans de carrière, j’ai toujours autant de plaisir à écouter du Rancid. Dominoes m’avait déçu, mais j’ai adoré Honor malgré quelques chansons “remplissage” (mais pas les mêmes que les tiennes ^^) Bref, le goûts et les couleurs…

    • Stéphane Deslauriers, le 2016-01-25 à 12:23

      On va passer le message à notre collaborateur. Bien content d’apprendre que les gars de Rancid ne se la joue pas trop «vedette». Cela dit, tu as bien raison, les goûts et les couleurs… Merci du commentaire!

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