Puscifer
Normal Isn’t
- Puscifer Entertainment
- 2026
- 55 minutes
Le groupe Puscifer a commencé comme un projet parallèle de Maynard James Keenan, le célèbre chanteur de Tool. Au même titre qu’A Perfect Circle, ça lui a permis d’explorer d’autres facettes de sa créativité au-delà de l’identité de Tool. Le projet est devenu un groupe à partir de Conditions of my Parole (2011), lorsque la chanteuse Carina Round et le musicien Mat Mitchell sont devenus des membres officiels.
Le trio se démarque parmi les groupes rock alternatif avec une lenteur de tempo similaire au trip hop et une saturation du rythme typique de l’industriel, mais surtout une focalisation sur la voix et les harmonies vocales. L’autre edge musical que le groupe peaufine depuis quinze ans est cette façon de passer dans le tordeur des mélodies bluegrass et folk. Il y a donc plein de riffs de guitare familiers, enveloppés dans une production léchée.
Sans changer d’identité, le trio a intégré davantage de sonorités électroniques à partir d’Existential Reckoning (2020), dont certaines pièces pouvaient faire penser à du darkwave. Cette direction est renforcie sur leur nouvel album Normal Isn’t, avec une accentuation sur le goth rock, qui revient à la mode, et des textes qui témoignent de l’époque anormale dans laquelle nous vivons.
Leur premier de trois simples Self Evident honore la forme rock alternatif très serrée, presque punk, dont la partie musicale est compressée, voire confinée, pour laisser plus d’espace au duo vocal. Les paroles font référence à l’incompétence du président états-unien qui est rendue évidente pour le monde entier.
Pendulum résonne de façon rétro, genre new wave, guidée par une ligne de basse monophonique, une séquence de machine à rythme et un bel écho sur la voix. Une excellente combinaison qui fait penser à Bauhaus. La vidéo débute par une entrevue entre MJ Keenan et son alter ego Bellendia Black, protagoniste de la bande dessinée qui raconte l’histoire des personnages des Tales From The Pusciverse. Certainement la piste la plus originale et satisfaisante sur l’album.
Bad Wolf ouvre sur un son 8-bit suivi d’une ligne de basse électrique très dense. Le groove est particulièrement efficace et mène à un refrain épuré avec seulement la voix et la batterie en duo. Les paroles élaborent sur la dualité entre les bons et les mauvais loups, et lequel des deux gagne le combat.
Les huit autres pièces approfondissent le thème central, sur un peuple divisé en deux solitudes qui ne se font pas confiance, dont les extrêmes ont un discours de haine sur la place publique pendant que la majorité reste silencieuse. L’atmosphère de l’album est superbement bien ajustée à l’actualité, avec ses contrastes efficaces, que ce soit entre les couplets et les refrains, ou la lourdeur de la voix de Keenan et la légèreté de la voix de Round. Cela dit, un peu à l’image des albums précédents, toutes les pièces sont bonnes sans pour autant se démarquer, et font en sorte qu’il n’y a peu ou pas de surprise après la première écoute.