Critiques

Pixies

Beneath the Eyrie

  • BMG / Infectious records
  • 2019
  • 39 minutes
6

Avec quatre grands disques au compteur (Surfer Rosa, Doolittle, Bossanova et Trompe Le Monde), les Pixies auraient pu se saborder définitivement et les fans n’auraient trouvé rien à redire. Mais en 2004, Black Francis, Joey Santiago, Kim Deal et David Lovering reprenaient du service… probablement pour regarnir les coffres devenus un peu vides. La preuve ? La tournée se nommait sarcastiquement The Sell Out Tour. Évidemment, cette série de concerts avait réjoui les fidèles de la première heure. Tous s’étaient mis alors à rêver d’un retour sur disque!

Et retour sur disque, il y a eu. 2014 : après 23 ans d’absence, les Pixies nous suggéraient le soporifique Indie Cindy. 2016 : le quatuor y allait avec Head Carrier; un album où l’écriture chansonnière désormais domestiquée de Black Francis – de son vrai nom Charles Thompson – dominait complètement et où le jeu de guitare dissonant de Joey Santiago était totalement évacué de l’équation.

Puisque les factures s’accumulent et qu’il faut les payer, les Pixies lançaient la semaine dernière un 7e album studio : Beneath the Eyrie; galette réalisée par Tom Dalgety (Ghost, Royal Blood). Enregistré dans une ancienne église située à Hurley, New York – et qui a été transformée en studio d’enregistrement en 1986 – les textes de ce nouvel opus ont été inspirés par des histoires et des contes folkloriques / gothiques; l’œuvre d’Edgar Allan Poe en tête de liste.

Réglons immédiatement une chose. Les Pixies ne retrouvent ni le souffle, ni la furie, ni la pertinence qui ont caractérisé leurs quatre premières offrandes. Par contre, si on abaisse quelque peu les standards, on peut affirmer que ce Beneath the Eyrie est le disque le plus « vivant » depuis la reformation du groupe. Même si Black Francis chante toujours ses chansons sur le pilote automatique et même si on s’ennuie des rugissements animaliers du bonhomme, ces nouvelles pièces font somme toute le travail.

Sans se casser le ciboulot, le groupe nous présente un bon disque de pop-rock, un peu périmé, mais quand même divertissant… comme un bon album de Weezer (est-ce encore possible ?). Les influences surf et country viennent quelque peu bonifier le « loud quiet loud » habituel de la formation. Cela dit, malgré les subtils efforts, les Pixies sont malheureusement devenus un groupe rock générique, un peu monotone et assez prévisible.

Quelques chansons valent le détour. Ceux qui aiment la formation en format docile apprécieront Silver Bullet et On Graveyard Hill. La « weezer-esque » Long Rider est accrocheuse. La chevauchée folk-rock poussiéreuse titrée Bird of Prey fait sourire et on retrouve l’ascendant de l’album Bossanova dans Los Surfa Muertos; pièce interprétée par la bassiste Paz Lechantin, celle qui remplace maintenant la légendaire Kim Deal (The Breeders). On se serait bien sûr passé de la carnavalesque This is My Fate et des deux insipidités parfaitement pépères qui concluent l’album : Daniel Boone et Death Horizon.

Conclusion ? Voilà un album correct pour un groupe définitivement embourgeoisé.

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