Critiques

PARK

PARK

  • Vicious Circle
  • 2022
  • 39 minutes
6,5

Park est né d’une collision créative entre Frànçois Marry, meneur de Frànçois and the Atlas Mountains, et le trio post-rock Lysistrata. Les membres de ces deux entités se sont rencontrés dans le cadre du Coconut Music Festival, un événement qui se déroule chaque année dans la ville de Saintes, une commune située dans le sud-ouest de la France. C’est à la suite d’un concert donné par Lysistrata lors de ce festival que Marry a fraternisé avec Ben Amos Cooper, Théo Guéneau et Max Roy. La connexion a été telle que tout ce beau monde s’est retrouvé rapidement au Shoebreaker Studio avec l’objectif de produire un premier album, non sans avoir au préalable enregistré quelques maquettes captées sur un format cassette.

Si Park évoque l’insouciance d’une escapade au grand air, le projet, lui, est bel et bien ancré dans l’immédiateté. À moins que les membres du groupe allègent leurs horaires respectifs, ce long format homonyme sera probablement le seul que le quatuor créera ensemble.

Réalisée avec l’aide de Johannes Buff (Thurston Moore) et de Pierre Loustaunau, alias Petit Fantôme, Park propose une sorte de pop-rock saturée fortement influencée par le rock alternatif des années 90 : Pavement, Sparklehorse, Yo Le Tengo et Radiohead, entre autres. C’est Ben Amos Cooper qui a écrit et composé un peu plus de la moitié des textes de l’album dont une excellente pièce en français intitulée Réveil heureux; un alliage réussi entre le Radiohead d’In Rainbows (2007) et le Noir Désir de l’album Des visages, des figures (2001).

Lorsque Park grince à la manière de Pavement, ça fonctionne admirablement bien. Des pièces comme l’introductive A Day Older ou encore Shannon et Easy Living, les deux situées en fin de parcours, sont totalement convaincantes… même si l’ascendant de la formation de Stephen Malkmus est manifeste. En contrepartie, des morceaux plus éthérés, mélodieux et dépouillés comme Ghost et Tall Grass peinent à attirer notre attention. Le quatuor nous présente également trois intermèdes plus ou moins concluants qui font tout simplement office de remplissage.

Si dans le communiqué de presse remis par la maison de disques, Frànçois associe Park à « une fête de fin d’année entre entreprises, où les collègues désinhibés finissent par montrer leur vrai visage », eh bien ce « vrai visage » manque par moments de mordant. On comprend parfaitement cette intention de revisiter le rock alterno des années 90, mais il aurait été intéressant que le groupe insuffle à ses chansons un plus de modernité, camouflant ainsi les influences manifestes qui caractérisent ce disque.

Cela dit, les quelques solides chansons qui meublent cet album nous indiquent qu’une prochaine aventure serait souhaitable, car sur cette première offrande, Park n’a sûrement pas exploité tout son potentiel.