Critiques

Overseas

Overseas

  • Gotta Groove Records
  • 2013
  • 32 minutes
6,5

overseas-album-cover-500Sorti tout droit d’une nuit à la chaleur écrasante du Texas, Overseas est formé de musiciens d’expérience. C’est la rencontre fortuite de quatre amis : David Bazan (Pedro The Lion et Headphones), Will Johnson (Centro-matic et South San Gabriel) et les frères Bubba et Matt Kadane (Bedhead et The New Year). Matt Kadane connaît Will Johnson depuis des années. Il se souvient même avoir acheté pour lui de l’alcool parce qu’il n’avait pas encore 21 ans. Puis les frères Kadane ont rencontré Bazan alors qu’il faisait la première partie pour The New Year tandis que Johnson le rencontrait par l’entremise de l’Undertow Orchestra en compagnie de Vic Chesnutt. Les quatre se sont d’ailleurs réunis en studio tout juste après la mort de ce dernier en 2009.

Bien que les quatre musiciens soient des multi-instrumentistes et vocalistes valables, des rôles se sont définis. Ainsi, Bazan et Johnson se partage la tâche au micro. Ça donne un album qui, un peu à la manière de Divine Fits, semble légèrement décousu. Il faut dire que Bazan chante à sa façon (qui est inimitable) et l’on retrouve des mélodies que lui seul est capable d’inventer; ce qui laisse Johnson et ses mélodies vocales franchement plus convenues en arrière-plan. Ce dernier nous offre quand même quelques beaux moments, entre autres, sur la première pièce de l’album : Ghost To Be, où Johnson est particulièrement poignant.

De son côté, Bazan fait sa première apparition vocale avec la troisième pièce : Old Love. Encore une fois on remarque qu’il gagne en confiance vocalement. Alors qu’avec Pedro The Lion, il semblait s’excuser de chanter, voilà qu’il brille, laisse sa voix mélancolique et unique voler dans les airs sur une mélodie rythmée où la distorsion se pointe le bout du nez. Sur HELLP et Here (Wish You Were), on retrouve le Bazan plus classique. La musique est dépouillée, particulièrement sur la deuxième mentionnée, où seule une guitare électrique accompagne l’ex-Pedro. À ce moment-là, on retrouve vraiment l’univers présent dans son travail en solo, coulé dans une mélancolie opaque et enveloppante.

Si l’effort musical est solide, le jeu de batterie est pour sa part assez décevant. Souvent simplistes, (un peu trop), manquant de nuance, les percussions tombent à plat. The Sound Of Giving Way est l’une des chansons où la batterie s’en permet un peu plus et cela sauve la chanson qui croule sous la mélodie convenue de Johnson.

Bref, voilà le problème de se retrouver avec quatre réalisateurs dans un studio. Bien qu’indépendamment les unes des autres les chansons soient généralement intéressantes, l’ensemble lui, manque franchement de cohésion. Les fans de Pedro The Lion (dont je fais partie) seront ravis d’entendre la voix de Bazan, une fois de plus, sur de la guitare électrique et sur des rythmes plus cadencés que son travail solo. Sinon, la bande nous envoie quelques pièces bien ficelées, mais aussi deux ou trois qui tombent un peu à plat.

Ma note : 6,5/10

Overseas
Overseas
Gotta Groove Records
32 minutes

www.overseasband.net/

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