oui merci
La distance n’est pas vraiment là
- Duprince
- 2026
- 34 minutes
Le nouvel album de oui merci tient son titre des changements qui ont lieu à l’intérieur même du groupe. Au cours des deux dernières années, les membres de la formation ont flirté avec l’idée d’aller s’installer dans le Bas-du-Fleuve. Matilde Joncas l’explique : « Dans la dernière année, certains d’entre nous ont contemplé l’idée de partir de la ville pour s’établir dans le Bas-du-Fleuve. Certains ont agi sur cette envie, d’autres ont écarté l’idée complètement et d’autres restent encore dans l’ambivalence. Chacune de ces positions implique de l’inconfort et une distance inévitable : celle qui est tangible et celle que l’on imagine. »
Si la distance n’est pas implicitement là dans l’album, on peut deviner que celle-ci découle dans un ensemble de questionnements et d’émotions nées à travers le grand remous. Les thématiques de La distance n’est pas vraiment là sont variées, mais tourne autour des enjeux qui prennent la tête des jeunes adultes : les amours, les remises en question et la quête du bonheur.
Il y a de bons coups de oui merci sur La distance n’est pas vraiment là. C’est le cas pour la groovy Stable et sa ligne de basse qui nous dictent la marche alors que les guitares viennent ponctuer la trame pendant que Matilde Joncas offre une bonne interprétation. Les trous, pièce qui semble avoir donné le titre de l’album, fait aussi des bons coups de deuxième record.
oui merci pige dans l’indie-rock pour La distance n’est pas vraiment là et ratisse large. Il y a autant des pièces assez pop-rock comme les deux nommées précédemment que des pièces qui tirent vers des inspirations de Grizzly Bear. C’est le cas pour Gants blancs et Comment on va faire qui sont peut-être les deux exemples les plus clairs de cette influence.
Mais bon, il y a quatre chanteurs et chanteuses dans oui merci et plusieurs auteurs. Ça finit par se faire sentir dans son ensemble. C’est un album qui va un peu dans tous les sens et, outre être une collection de chansons qui se tiennent en elles-mêmes, le fil directeur, surtout musical, est un peu absent. Ça manque de cohésion. On est loin du désastre. Ça me fait penser à Caltâr-Bâteau à l’époque, qui avait aussi ces dynamiques avec plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes qui tiraient dans des directions différentes. Malgré les conseils de François Lafontaine, qui a réalisé l’album et qui doit connaître les défis de faire converger des visions créatrices fortes, oui merci n’arrive pas tout à fait à créer une cohésion parfaite.
Ça demeure un album bien intéressant et un pas en avant pour oui merci qui continue d’évoluer en tant que formation. Même si tout ne colle pas à merveille ensemble, il y a plusieurs pièces sur La distance n’est pas vraiment là qui offrent de beaux moments musicaux.