Critiques

Northlane

Alien

  • UNFD
  • 2019
  • 44 minutes
7,5

Après avoir fait dans le metalcore comme bien d’autres groupes, Northlane réinvente un peu la formule en y incluant divers éléments électroniques et des ambiances du futur. C’est ce qu’on peut entendre sur Alien, lancé le 2 août dernier.

Ce «djent déjanté» commence direct dans notre face. Ça sonne géant, plus grand que nature. Les guerriers cybernétiques présentent un album très texturé, qui fait exploser les cervelles avec la pesanteur du son. Le terme «aliencore», suggéré par un(e) internaute sur YouTube pour qualifier cette musique, semble très à point.

On remarque que, d’emblée, il est presque difficile de distinguer la basse de la guitare; elle est accordée aussi bas que possible. Sleepless, entrecoupée de couplets plus tranquilles, met bien en valeur ces immenses guitares d’outre-tombe. Aussi, la guitare et les synthétiseurs s’entremêlent, mais l’effet est captivant du début à la fin. On dénote un tuning différent sur les pièces Paradigm et Vultures, qu’on dirait écrites à un autre moment ou d’une autre façon. Bien qu’un souffle de riffs «deftoniens» plane sur celles-ci, et que Meshuggah semble avoir joint la partie, ça sonne un peu trop facile par moments. Ça crée une sorte d’affaissement, où notre attention se disperse. 

Par ailleurs, on a affaire à un chanteur de haut calibre. Tout au long de l’album, les chants sont très variés, passant des chuchotements aux cris gutturaux, à la voix middle parfois assez perçante, ainsi qu’à un clean impeccable. Les spoken words rappellent beaucoup Chris de Motionless In White, surtout durant les airs Infamous ou Reincarnate (par exemple Devil’s Night). La voix de tête utilisée dans la très triste ballade Rift est majestueuse, et évoque particulièrement les chants aériens de Cynic et Leprous. Par ses rythmes, cette chanson fait également une brève allusion à Prodigy. Toutefois, la voix de scream est peut-être trop souvent utilisée. Cela finit par tomber un peu dans le générique, car elle se fait également semblable aux chanteurs d’Architects ou de The Devil Wears Prada.

Si l’ensemble peut parfois ressembler à un fouillis de notes rapides et entortillées, les refrains sont très accrocheurs et restent dans la tête après une ou deux écoutes. Le son général du groupe est dans la continuité des Français Sybreed, qui font partie des pionniers du «cyber metal».

Northlane se démarque grâce à ses ambiances recherchées, mais aussi grâce à son style visuel et à son esthétique générale. Le groupe a fait un séance photo un peu futuriste, qui a un certain caractère «urbain», et qui pourrait presque être digne d’une grande marque de vêtements. Fashionnable, certes, mais certainement pas éphémère et passager; les fondations de la bande sont trop solides pour cela. 

Bref, le quintette a de quoi captiver les âmes futuristes en quête d’une solide histoire métallique.

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