Critiques

Nathaniel Rateliff

Tearing at the Seams

  • Stax Records
  • 2018
  • 50 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Parfois la vie est simple quand celle-ci se résume à deux catégories de personnes : celles qui ont le groove et les autres. Nathaniel Rateliff fait indéniablement partie du premier camp. Ceci dit, c’était assez facile à deviner.

J’ai découvert le bonhomme au hasard de mes pérégrinations sur YouTube, lors de la sortie de son premier album éponyme. Quelle belle surprise à ce moment-là ! Le gars était là, au milieu de ses potes, à swinguer comme un beau diable, avec une décontraction déconcertante et son faux-air d’Alfie Solomons : le personnage de Tom Hardy dans la série Peaky Blinders (dont je suis totalement fan au passage).

Je retrouvais enfin le frisson que j’avais ressenti lorsque j’avais vu les Blues Brothers monter sur scène à la fin du film du même nom.

Vous vous en doutez, son premier album fut une véritable réussite, Nathaniel et ses acolytes – The Night Sweats – faisant renaître le R&B des années 50 d’une main de maître, en le modernisant au passage. Que demander de mieux ? Un deuxième album ?

Aujourd’hui, c’est chose faite avec la sortie de Tearing at the Seams. Alors est-ce que le chanteur a perdu sa nonchalance de dandy pour céder à la pression imparable du deuxième album après le succès fulgurant du précédent ?

Clairement non. Tearing at the Seams est tout aussi phénoménal que le premier, même meilleur, car plus ambitieux. En effet, le nouvel album porte très bien son nom qui signifie « Déchirer les coutures », comprendre ici, sortir des sentiers battus. Pour comparer une dernière fois avec le précédent opus, celui-ci offrait des bonnes chansons swing hyper pêchues et des ballades crève-cœur sublimes. Ce qui était déjà très bien. Mais dans ce nouveau disque, Nathaniel Rateliff explore d’autres paysages musicaux, aussi bien le soul à la The Platters ou The Four Seasons, entre autres, dans la pièce Babe I Know. Et l’intro de la chanson Shoe Boot vous fera irrémédiablement penser à la chanson Empire State Of Mind de Jay-Z et Alicia Keys. C’est dire si l’écart est grand pour rendre hommage à toutes les facettes du R&B.

Et puis, ce travail sur le son. Les arrangements sont à la limite de la perfection notamment sur la voix du chanteur que celui-ci utilise d’ailleurs avec encore plus de subtilité. Les guitares, les cuivres, tout se mélange sans se piétiner. Les mélodies sont inventives et jamais redondantes. On retrouve ce qu’on avait apprécié dans le premier album, tout en étant surpris. Parfait.

Il n’y qu’à écouter la sublime ballade groovy Hey Mama pour se rendre compte de tout le potentiel et le talent que possède ce groupe.

En résumé, écouter Tearing at the Seams, c’est comme croiser ce gars cool au comptoir d’un bar, celui que tu connais ni d’Ève ni d’Adam et qui finit par te donner des sages conseils de vie alors que t’étais venu noyer ton chagrin et te demander quels choix de merde t’as fait pour en arriver là. Puis tu te retrouves à danser comme si demain n’existait pas, « reboosté » comme jamais !

Allez, santé ! Et que le groove soit avec vous, comme avec Nathaniel !

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