Critiques

Natalie Prass

Natalie Prass

  • Spacebomb Records
  • 2015
  • 39 minutes
7,5

natalie-prass-sb006-cover-art-lo-res-1Natalie Prass. On vient de faire sa découverte cette semaine en posant nos oreilles sur son premier album homonyme paru sous le label Spacebomb Records. On sait très peu de choses sur elle à part qu’elle est âgée de 28 ans et qu’elle est originaire de Cleveland, Ohio. Elle a été pendant quelques années accompagnatrice vocale de Jenny Lewis. Actuellement, on assiste à un mini-buzz médiatique autour de la première parution de la musicienne. Plusieurs blogues et médias branchés comme le nôtre (on pouffe de rire en l’écrivant!!!) ont accordé des scores assez élevés à cette parution.

Mérité? Absolument… mais il est bon de préciser que l’univers adulte, un brin conformiste, ne fait pas partie des plaisirs auditifs de votre modeste scribe. Que nous offre la jeune dame? Un amalgame de pop adulte, de soft-rock un brin vintage, de soul, auréolé d’une voix sirupeuse. En termes clairs, c’est Dusty Springfield qui rencontre Karen Carpenter et Feist. Ce qui la démarque de ses contemporaines est sans contredit ce petit côté maniaque et minutieux apporté à la réalisation de ce disque (génuflexion au réalisateur Matthew E. White). On pense immédiatement à Jonathan Wilson sur cet aspect.

Sur ce premier effort officiel (la créatrice a deux maxis derrière la cravate), Natalie Prass propose des chansons évoquant l’époque dorée de la radio AM des années 70, mais le côté passéiste de l’affaire est magnifiquement modernisé. D’ailleurs, Prass baigne ses chansons d’arrangements de cordes qui auraient pu servir de trame sonore à plusieurs films de cette machine de propagande que représente Disney… Tout pour plaire à La Brute du Rock et à Charles Laplante, il va sans dire!

En toute objectivité, le talent lui sort par les oreilles et ceux qui avaient tiqué à l’écoute du dernier Lana Del Rey pourraient trouver chaussure à leur pied. Voilà de la pop sophistiquée intemporelle de qualité. On imagine parfaitement Prass devant une horde de mâles barbus portant l’emblématique camisole molle (merci Philippe Beauchemin!) lors de la prochaine édition du festival Osheaga.

Est-ce que l’engouement critique pour ce disque est valable? Objectivement, c’est très bon. Révolutionnaire et frisant la perfection? Pas du tout! En ce qui nous concerne, sans adhérer à la ferveur critique qu’obtient cette création, on doit admettre que l’artiste réussit à séduire en ramenant à l’avant-plan un genre musical (soft-rock AM à la Carpenters), un peu ringard disons-le, mais superbement dépoussiéré et interprété avec justesse par Natalie Prass.

Quelques pièces dignes de mention? La frémissante My Baby Don’t Understand Me, la prenante et orchestrale Christy, le penchant soul de Violently et la quasi Disney titrée It Is You. Ça plaira aux aficionados de musique dite «adulte contemporaine» férus de tisane à la camomille. Blague à part, Prass devrait faire partie du paysage musical nord-américain pendant de nombreuses années.

Rétro et en vogue à la fois, vieux jeu et captivant, Natalie Prass met sur le marché un album indémodable qui propose une mixture impeccable d’ascendants musicaux surannés. Dans un registre plus pépère que ce que sitedemo.caigue Lana Del Rey et ce que présentait feu Amy Winehouse, les fans de ces deux artistes devraient y prêter attention.

Ma note: 7,5/10

Natalie Prass
Natalie Prass
Spacebomb Records
39 minutes

http://natalieprassmusic.com

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