Critiques

Mononc' Serge

Réchauffé II

  • Indépendant
  • 2020
  • 36 minutes
7,5

Un an à peine depuis la sortie de son premier album de reprises de ses propres chansons, l’oncle préféré des abrutis et autres morons (c’est lui qui le dit) nous revient avec Réchauffé II: deuxième exercice de réinvention de ses propres pièces. Cette fois-ci, exit la guitare électrique. Serge Robert revient à un style chansonnier et revisite des pièces plus lourdes avec sa guitare acoustique.

Faisant preuve d’autodérision, l’album commence avec la seule pièce originale où Mononc’ se moque du concept même de reprendre ses propres chansons et, bien sûr, l’ensemble de son oeuvre. Tout de même, il faut dire qu’il gâte ses fans en revisitant des morceaux plus rares tels que Les fêtes en enfer et Le parc de La Vérendrye, deux chansons à la base enregistrées avec les poilus d’Anonymus. Même chose pour Fade Out, probablement la pièce la plus obscure de toutes, où l’oncle défend le concept même des tounes qui terminent en fade out. Mais après tout, n’est-il pas le seul troubadour au monde qui ait chanté la gloire des filles qui sont juste, heu… pas pires? Vraiment, rien n’est hors limite pour le vieux routier du rock.

Parlant de rock, d’autres retour dans le temps sont particulièrement savoureux alors que l’on a droit à des reprises des meilleurs moments de Ça, c’est d’la femme avec Chez Frank, Le joual et la toujours excellente Chanteur engagé. Cette dernière ne prendra jamais une ride, on va se le dire. Les deux plus vieux morceaux de Réchauffé II proviennent de Serge blanc d’Amérique avec Je chante pour les morons et Hitler Robert. Souvent oublié de plusieurs parce que ces pièces sont sorties entre les deux albums avec Anonymus, Serge Blanc… reste un des albums les plus accomplis de l’imposante discographie de Mononc’ Serge.

Cela dit, le choix de trois pièces de Révolution conservatrice, disque paru à peine deux ans plus tôt, pourrait parler moins aux fans de longue date. Quiconque connaît bien l’œuvre de notre Bob Dylan, spécialiste du propos ordurier, aurait bien pris quelques classiques datant du siècle dernier afin de leur redonner un nouveau lustre. Ce n’est pas le choix qui manque, après tout. Maman Dion aurait particulièrement été de mise.

Bref, Réchauffé II est une autre belle offrande aux fans de Mononc’ Serge qui apprécient le côté acoustique et dépouillé du musicien qui roule sa bosse depuis maintenant plus de deux décennies sur les routes trouées du Québec. Avec les textes bien en avant et la guitare acoustique en soutien, on redécouvre la richesse de certains de ses meilleurs textes et d’autres un peu oubliés. Et avec seulement 36 minutes au compteur, on ne peut pas non plus l’accuser d’étirer la sauce sur le réchaud.

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