Critiques

Mo Kenney

In My Dreams

  • New Scotland Records
  • 2014
  • 32 minutes
7,5

mo2Plus mûr et plus affirmé, mature, mieux maîtrisé, nommez-les les proverbiales expressions du champ lexical du «deuxième album», elles cadrent toute avec ce In My Dreams de Mo Kenney.

Et malheureusement pour le critique de disque qui a horreur de ces formules toute faites, ici, ces qualificatifs collent vraiment au contenu de ce deuxième effort en tout juste deux ans pour l’auteure-compositrice-interprète originaire d’Halifax et muse du grand Joel Plaskett.

Globalement, l’album est très bien construit, les pièces s’enchaînent bien, tout comme les ambiances. Certaines pièces plaisent moins, comme les deux titres d’ouverture: I Faked It et Take Me Outside, quelconques, malgré les paroles délicieusement aigres-douces de I Faked It.

Et voilà un bel atout de ce In My Dreams par rapport au disque précédent. Des textes oscillant encore entre l’apathie résignée et le sentimentalisme calculé d’une fille gênée, mais qui vont plus loin. Plus maîtrisée donc, la plume de Mo pique à l’occasion et fait sourire grâce à un humour décomplexé.

Pour l’habillage sonore, on est ailleurs sur In My Dreams. Toujours flanqué de son mentor, le grand Joel Plaskett, avec qui elle a tout joué les instruments, Mo Kenney a opéré un sérieux virage dans son «son».

Alors que le premier album avait une facture résolument sobre, guitare et voix, où Mo nous livrait ses souvenirs écorchés d’adolescente, ici, nous avons plutôt droit à une sitedemo.cauction étoffée, lourde, et à une instrumentation rock. Pas le choix, affirme Mo, elle joue en live avec un band complet depuis plus d’un an. Pour elle, c’était clair en entrant en studio que cet album aurait une touche plus rock.

Le meilleur moment de ces pièces de «nouvelle formule» est sans doute Mountain To The Mess. Courte, mais rythmée par une guitare entraînante, Mo y va également d’un intéressant solo en plus de varier son registre de voix. Suit ensuite la très belle Field Song et Untouchable, dans laquelle l’ambiance soul et l’omniprésence des claviers sont clairement une nouveauté dans le registre de la chanteuse de 24 ans. On découvre aussi sur ce titre, les progrès dans le chant de Mo. Sa voix, puissante et assurée, lui permet de rendre fort réussie cette tentative au registre soul.

Et on a là le coeur de l’album. Pretty Things, qui suit, est à la fois une ritournelle presque country et une pièce qui rappelle l’univers de McCartney et des Wings: un «catchy» limite quétaine, mais très certainement assumé. Cette pièce marque une transition vers les trois derniers morceaux, plus dépouillés. La pièce titre et les très belles Wind Will Blow et Dancing concluent fort bien l’exercice.

Mission accomplie donc pour «la petite Mo», ce deuxième album est à la hauteur des attentes.

Ma note: 7,5/10

Mo Kenney
In My Dreams
New Scotland Records
32 minutes

mokenney.com

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