Maude Audet
Que ta lumière
- Bravo Musique
- 2026
- 31 minutes
Ça fait maintenant onze ans que j’ai couvert le premier album de Maude Audet : Nous sommes le feu. Depuis, l’autrice-compositrice-interprète a lancé des albums, a fait paraître deux EP et même a traduit ses chansons dans la langue de Shakespeare. Si j’avais à résumé son projet en trois mots, j’aurais tendance à dire : chaleur, mélancolie et constance. Est-ce que c’est toujours le cas sur Que ta lumière?
Tout à fait. Maude Audet est égale à elle-même parce qu’elle faisait et fait encore de la musique en faisant confiance à son instinct. Les tribulations amoureuses, les déchirements de fin de couple, les grandes émotions qui accompagnent les changements de vie. Et pourtant, malgré la mélancolie et les grandes émotions qu’aborde Audet, c’est toujours fait avec la chaleur du réconfort. Comme si c’était notre chumme qui chantait des paroles pour apaiser les cœurs troubles.
Penses-tu que le vent va changer de bord
Ou me suivre tout le temps
J’ai les joues usées à force de jouer
De sourire pour les gens
J’ai le dos usé
À force de trembler si fort en dedans
— Les joues usées
À l’instar de ses albums précédents, ce n’est pas une seule couleur que dévoile Maude Audet. Il y a de la mélancolie, mais il y a aussi de la lumière. C’est particulièrement vrai pour la chanson-titre ou encore sur Ton amour sur moi qui est romantique à souhait. Elle garde peut-être ses moments les plus doux pour la dernière pièce de l’album, Me fondre en toi:
Juste une autre chanson
Pour te dire combien je tiens à toi
Ou peut-être une raison
Pour me retrouver au creux de tes bras
Comme au temps qui me semble si loin
On était jeunes et purs on n’avait presque rien
Ramène-moi
Ravive-moi
Embrasse-moi
Que je me fonde encore en toi
— Me fondre en toi
Musicalement, on est dans la continuité de l’EP Chanson pour toi et du dernier, Il faut partir maintenant. Maude Audet a coréalisé l’album avec Mathieu Charbonneau (Avec pas d’casque). La paire a misé sur un folk-pop texturé où les orchestrations sont douces et viennent faire briller les pièces plutôt que les envahir. On l’entend sur Pas besoin d’se mentir alors que les cordes viennent ponctuées et cajoler la trame qui repose d’abord et avant tout sur la voix et la guitare d’Audet. Un peu de lap-steel et de claviers viennent colorer la trame sans jamais prendre une place démesurée.
Avec Que ta lumière, on fait le constat que Maude Audet, bon an, mal an, est fiable. C’est un artiste qui se renouvèle dans la nuance. Je l’ai déjà dit : il est très difficile de résister à ses mélodies efficaces et à sa voix si chaude. Il est presque impossible de ne pas se laisser charmer dès la première écoute. C’est en approfondissant notre écoute qu’on découvre toutes les nuances qui font de Maude Audet une autrice-compositrice-interprète si géniale. Ça vaut entièrement le détour alors que les premières chaleurs du printemps sont à nos portes.