Critiques

Lucy Dacus

Historian

  • Matador Records
  • 2018
  • 48 minutes
8
Le meilleur de lca

Lors de l’été 2016, lorsque No Burden a été lancé, tout ce qui gravitait alors autour du monde du rock (musiciens comme critiques) s’entendait sur une chose : l’auteure-compositrice-interprète Lucy Dacus nous en mettra plein les oreilles au cours des prochaines années. Originaire de Richmond en Virginie, la surdouée, âgée de 22 ans seulement, nous proposait au printemps dernier son deuxième album intitulé Historian… et il était tout simplement inacceptable de ne pas vous en glisser un mot !

Sur ce petit bijou d’album, la parolière nous entretient au sujet de ses désillusions amoureuses et de son désarroi face à ce manque d’empathie qui prend une ampleur démesurée chez ses compatriotes. Musicalement, la jeune dame ne réinvente absolument rien en choisissant le folk rock comme véhicule sonore de ses chansons douces-amères. On soupçonne fortement qu’elle n’en a rien à cirer du charlatanisme musical, préférant écrire et composer des chansons sincères et bien foutues.

Cependant, il ne faut pas mésestimer le subtil travail de réalisation effectué sur ce disque, particulièrement au niveau des arrangements qui prennent tout leur sens au fil des écoutes. L’explosivité d’une pièce comme Timefighter est éloquente en ce sens. De plus, il y a une alternance entre l’intense et le paisible, entre « le chaud et le froid », qui fait de ce Historian l’une des meilleures parutions de l’année tous genres confondus.

Parmi les meilleurs morceaux de cette émouvante création, on vous prie de prêter l’oreille à l’introductive Night Shift qui, à la mi-parcours, explose littéralement. Les sonorités, aux accents délicatement soul, dans Addictions captent l’attention. La mixture « cordes et guitares » dans Nonbeliever est réussie. Dans Pillar of Truth, Lucy Dacus nous bouleverse en rendant un hommage bien senti à sa grand-mère décédée. La conclusive Historians est la pourvoyeuse de frissons par excellence de ce disque. Et on a adoré cette perle littéraire sarcastique :

« I am at peace with my death

I can go back to bed »

-Next of Kin

Cette artiste est d’une franchise bouleversante. Avec de simples morceaux rock, juste assez soignés, juste assez souillonnés, elle s’élève aisément au-dessus de la mêlée. Lucy Dacus a choisi le folk rock afin d’en découdre avec le virilisme d’une autre époque et ainsi passer d’importants messages sociaux et politiques. La démarche est tout à fait admirable, même si de nombreuses résistances se font actuellement sentir…

On vous conseille fortement de suivre attentivement sa trajectoire, car elle n’a pas fini de nous étonner.

 

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