Critiques

Louis-Philippe Gingras

Tropicale apocalypse

  • Simone Records
  • 2019
  • 39 minutes
6,5

Louis-Philippe Gingras est de retour avec son troisième album en carrière. Cette fois-ci, l’auteur-compositeur-interprète originaire de Rouyn-Noranda a décidé d’aller du côté de l’album-concept. Comme le précise le titre de l’album, il s’agit d’une apocalypse sous les rythmes tropicaux.

C’est une curieuse et originale tangente que prend Louis-Philippe Gingras sur ce nouvel album. Déjà, c’est la voix grave de Pierre Lebeau qui nous accompagne dans cette apocalypse avec La crise du verglas du 23 janvier, mais aussi sur La scie circulaire et finalement, qui ferme la marche sur La petite boule aux accents jazz. Lebeau a une voix magnifique comme toujours et a l’air de nous susurrer ce conte fantasque à l’oreille.

Eh puis, le calypso lui? Eh bien, les rythmes latins sont particulièrement présents sur Apocalypso, Le lit, avec le steel drum de Barrés d’Toronto et un peu dans les cuivres de Deux pouces. Mais la galette oscille entre un pop-rock bien contemporain et ces couleurs tropicales qui chatouillent l’oreille. L’intermittence de la chose est un peu dommage. On dirait qu’on se fait attirer dans un trip tropicale qui finalement finit dans une cour d’Hochelaga. Il aurait pu aller au bout de sa proposition, parce que lorsqu’il y va, ça fonctionne.

Apocalypso est sympathique et sent l’huile à la senteur de coconut qu’on se met pour bronzer. C’est un peu groovy, avec ses références aux plaies d’Égypte en version complètement absurde. D’ailleurs, c’est une facette bien intéressante de l’album. L’écoanxiété est passée au tordeur avec une bonne dose d’humour absurde qui est le reflet de l’absurdité de ceux qui disputent l’urgence de la situation.

Louis-Philippe Gingras a un talent pour magnifier le quotidien et le démontre avec Gwendolina, une chanson-hommage à une des serveuses du Barfly qui sourit malgré l’apocalypse. Le chœur des hommes a aussi un petit charme qui joue toujours avec la limite du drôle. Même son de cloche sur Walk of shame qui nous jase de la solitude sur la plaza St-Hubert. Par contre, c’est par moment, un peu plus difficile du bord du chant. Gingras va loin et des fois, on a l’impression qu’il frappe sa limite.

Ce Tropicale Apocalypse est un beau défi que Louis-Philippe Gingras s’est donné. Une thématique très actuelle où son humour peut aisément trouver une niche. On est plus du bord de l’apocalypse que du tropical musicalement parlant malgré quelques incursions bien senties.

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