Critiques

Lou-Adriane Cassidy

C’est la fin du monde à tous les jours

  • Grosse Boîte
  • 2019
  • 36 minutes
7

Ça fait deux ans qu’on entend son nom partout dans l’industrie. Lou-Adriane Cassidy arrive d’une famille d’artistes et baigne dans ce milieu où les limites sont perméables et où le rêve est permis depuis longtemps. Ça laisse des traces. Rêver, ça peut mener loin. Malgré son jeune âge, Cassidy possède une feuille de route impressionnante : un passage à La Voix, finaliste des Francouvertes en 2018, finaliste à Granby et des prix de chansonneuse au Festival en chanson de Petite-Vallée. Et maintenant, des prix obtenus à RIDEAU qui lui permettront d’aller montrer son talent aux Européens. Ah oui, elle accompagne sur scène aussi Hubert Lenoir. Bref, ça va.

Mais qu’est-ce que ça dit sur C’est la fin du monde à tous les jours? Tout d’abord, ça confirme que Lou-Adriane Cassidy est une interprète comme il s’en fait très peu. Sa voix est mature, ronde, chaude et habitée. Il y a une profondeur qui se dégage de sa façon de chanter qui est indescriptible, mais réconfortante et efficace. Musicalement, cet album est une petite perle d’enregistrement. C’est la jeune femme et son guitariste, Simon Pedneault, qui signe la coréalisation de la galette. C’est un travail de maître. Tout comme la prise de son de Guillaume Chartrain qui est parfaite.

On y trouve plusieurs collaborations sur C’est la fin du monde à tous les jours. D’un côté, Tire le Coyote paraphe le texte de Mon bel antidote et Lou-Adriane Cassidy réussit à s’approprier la parole du chanteur folk et le résultat est très convaincant. On peut en dire tout autant de Ça va, ça va, le premier simple de l’album à être paru, il y a un an et demi signé par Philémon Cimon. Toujours aussi efficace, cette chanson est un vers d’oreille très réussi. La fin du monde à tous les jours est un texte à quatre mains sur lequel Stéphanie Boulay a prêté de l’huile de jointure. On y reconnaît la mélancolie et la sensibilité de la jeune femme sur ce tube.

Malgré toutes ces collaborations, le thème central de l’album reste inchangé : on y parle d’amour. C’est normal, il faut le dire. La vingtaine c’est un peu cette période où on essaie de comprendre tout ça et que par moment, ça revole dans tous les sens. C’est ce qu’on sent chez Cassidy, le portrait d’une jeune femme en 2019 qui réfléchit sur la chose. Des chansons comme Poussière y vont de d’images intéressantes et de quelques bonnes rimes surprenantes. Mais dans l’ensemble, ça manque un peu de variations.

C’est la fin du monde à tous les jours est un bel album qui sonne. C’est épouvantable. C’est si bien enregistré et appuie très bien la voix unique de Lou-Adriane Cassidy. Les quelques faiblesses au niveau des textes se placeront avec le temps. On ne peut pas demander à une jeune femme dans le début de la vingtaine d’avoir la maturité d’écriture de Richard Desjardins. Ce premier record fait déjà très bien et promet Cassidy à un bel avenir.

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