Critiques

LNZNDRF

II

  • 4AD
  • 2021
  • 41 minutes
7


Le supergroupe indie-rock LNZNDRF, ou LANZENDORF pour les intimes, est de retour avec un deuxième album, sobrement intitulé II. Pour la petite histoire, LNZNDRF est la fusion entre les frères Devendorf, Bryan et Scott (The National) et Aaron Lanz ainsi que Ben Lanz, tous deux membres de Beirut et Grizzly Bear. Maintenant que votre curiosité est piquée (si vous ne les connaissiez pas déjà), place à la dissection de cette deuxième galette!

Dernière parution de 4AD, la réputée étiquette britannique, ce deuxième album en a étonné plusieurs, considérant la modeste promotion en amont. Et le résultat dans nos oreilles ?

Dans le communiqué de presse faisant la promotion de l’album, LNZNDRF déclarait ceci : « These songs seem to come from the formless, translucent holograms that appear behind your eyelids just before sleep sets in. The visions you swear you’ll remember in the morning but never do. »

Effectivement, le portrait global du disque, d’un point de vue de textures musicales, est plutôt flou. D’un hermétisme déconcertant, l’effet escompté derrière ce deuxième exercice n’est certainement pas d’élargir leur public. Par contre, les amateur.e.s de rock psychédélique, jeunes comme âgés, devraient définitivement tendre l’oreille avec intérêt.

LANZENDORF est un de ces groupes ayant le don de nous faire oublier toute activité cérébrale. Idéal pour accompagner un éternel parcours sur une autoroute linéaire, l’opus est une séance d’hypnose agréablement interminable. Outre le clavier vaporeux et les effets de basse digne de fréquences maritimes, s’ajoutent plusieurs échantillonnages tout droit sortis de l’espace. Au niveau de la guitare, qui est la pierre angulaire ici, c’est du The National pur jus. Certaines couches sonores nous rappellent parfois le post-punk britannique des années 80 comme c’est le cas sur Still Rip, qui selon moi, est la plus aboutie. Les paroles y sont même «quasiment» romantiques (ver d’oreille instantané).

« I still need you, I still need you, I still need you, I still need, I still need… you the same»

– Still Rip

D’ailleurs, cet extrait est accompagné d’un vidéoclip lo-fi coloré de manière surnaturelle qui plaira aux plus nostalgiques d’entre vous.

La combinaison des pièces instrumentales et le choix d’aligner celles-ci aux extrémités procurent aux auditeurs le sentiment d’entendre une symphonie avec une ouverture et une fermeture. Par contre, c’est peut-être ce qui rend le cœur de l’oeuvre difficile à avaler, surtout quand l’intro (The Xeric Steppe) approche les huit minutes. Quelques pistes font également office de remplissage, à mon humble avis, et qui sait, c’est peut-être voulu. Cascade, Ringwoodite ou encore Chicxulub se camouflent timidement à travers l’écoute, ce qui est dommage pour un disque de huit chansons. Donc voilà, si j’étais le troisième frère Devendorf, j’aurais conseillé de lancer un excellent EP de 5 morceaux, question de concision stylistique.

Somme toute, la deuxième invitation à une évasion astrale signée LNZNDRF est des plus enrichissantes pour nos oreilles.

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