Critiques

L'Impératrice

Tako Tsubo

  • Microqlima
  • 2021
  • 48 minutes
8
Le meilleur de lca

En 2018, L’Impératrice avait soufflé bien des gens avec sa pop à saveur disco veloutée de Matahari. Depuis, il s’en est passé des choses pour le groupe : traduction de Matahari en anglais, tournée exhaustive (qui les menait à Coachella) avant que la pandémie interrompe leurs plans et même un nouveau studio en banlieue parisienne. Près de 3 ans après ce coup de semonce réussie, le groupe est de retour avec Tako Tsubo.

On sent dès le début qu’il y a une nouvelle maturité dans les compositions de la formation. On a l’impression que L’Impératrice a les moyens de ses ambitions. On sent aussi la grande influence de la french touch sur la partie musicale du groupe. D’un autre côté, Flore Benguigui habite les pièces avec une assurance renouvelée. Son ton velouté se marie merveilleusement bien au groove naturel du groupe.

Je t’ai tellement regardé sans rien dire
J’aurais pu compter tous tes atomes
J’voudrais m’en aller mais j’ai rien à fuir
J’t’ai dans la peau comme un hématome
Qui sait réparer les gens qui se brisent?
Personne ne voit mes yeux qui s’épuisent
Car à force d’y croire j’oublie que ce monde est faux

Hématome

Une des choses intéressantes dans l’écriture de Benguigui est son intégration de la vie virtuelle avec un naturel fou. Sur le précédent, Erreur 404 portait en elle cette approche. Ici, Hématome se lance dans ce flou dans les barrières. Que ce soit un écran ou encore simplement une carapace qu’on met entre nous et l’autre, il y a un mur invisible qui se dresse. À ce titre, l’excellent simple Peur des filles joue sur les clichés (malheureusement trop réel) de ces hommes en lignes qui se permettent les pires commentaires publiquement, comme si l’écrit ne restait pas… l’écrit reste et il marque.

Cette fois-ci, le groupe a fait le pari de mélanger les pièces en anglais et en français dès le début. Si la musique, elle, ne s’en trouve pas affectée, les textes n’ont pas la même portée. Il y a une profondeur dans ceux rédigés en français qui ne se retrouvent pas sur les quatre titres en anglais. Ce n’est pas un désastre parce que les mélodies vocales et la livraison sont encore une fois au rendez-vous.

L’Impératrice est capable d’un groove franchement velouté. C’est doux, chaud et rond. Tant d’amour perdu, Souffle au cœur, L’équilibriste sont d’excellents exemples. Lorsque ce sera possible, les déhanchements peupleront à nouveau les salles de spectacles devant le groupe français. Anomalie bleue et Fou ne laissent aucun doute.

Un deuxième album réussi pour L’Impératrice qui démontre à quel point ils sont d’excellents compositeurs où les grooves sont maîtres. Il faut le donner à David Gaugué, il sait nous captiver avec ses riffs de basses qui se mélangent merveilleusement bien à la batterie de Tom Daveau. Rajoutez à cela l’excellent travail des deux claviéristes et il ne vous reste plus qu’à danser dans votre salon. Si Tako Tsubo signifie un syndrome d’une déformation du cœur à la suite d’un grand choc émotionnel, ici, c’est pour des raisons positives.

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