Critiques

Les Deuxluxes

Lighter Fluid

  • Bonsound
  • 2020
  • 37 minutes
8
Le meilleur de lca

Ce n’est pas un secret pour personne. J’ai un gros crush pour les Deuxluxes.

J’ai aussi eu la chance de les voir pousser lors de leurs balbutiements et de les voir évoluer de très près. C’est sans conteste le groupe québécois que j’ai vu sur scène le plus souvent. Étienne Barry et Anna Frances Meyer sont passés d’étudiants en musique curieux à institution montréalaise de la scène locale en moins de 10 ans. Bonus : c’est aussi les deux personnes les mieux habillées de la province, pis j’irais même jusqu’à dire du pays. Mais ça, c’est aux revues de mode de le confirmer.

Concentrons-nous sur ce que nous connaissons : la musique.

Je ne passerai pas par quatre chemins en affirmant tout de suite haut et fort que Lighter Fluid est l’œuvre la plus accomplie du duo dynamique. Les deux musiciens ont pris énormément d’assurance et d’expérience, notamment grâce à leur permanence au sein de Barry Paquin Roberge, un autre excellent projet aux forts accents sixties psychédéliques. D’ailleurs, ce troisième album regorge de références assumées à l’époque de Syd Barrett. On y retrouve les Deuxluxes en mode variété qui passent de brûlots rock (la chanson-titre, No Way) aux salves planantes nappées de flûtes traversières (For I Myself, Smoking In Bed).

On y trouve même un pot-pourri jouissif et particulièrement réussi regroupant Down on the Street et Loose des Stooges. Les voix harmonisées d’Anna n’ont jamais été si maîtrisées, les arrangements sont subtils et la recherche des tones de guitares qui tuent est la priorité du duo pour ce troisième opus. Ceux-ci atteignent la cible à tout coup, du wah wah de Jimi Hendrix aux distorsions les plus étudiées… Le travail d’architecte sonore de l’acolyte Francis Duchesne fait mouche pour une troisième fois consécutive et le son général de l’album est un délice pour les tympans.

Pour faire une histoire courte, il y a de tout là-dedans et la galette est une excellente synthèse de tout ce qu’Anna et Étienne font de mieux. On y retrouve même les premières compositions en français des acolytes (Vacances Everest, L’insistance) et un cadeau pour les fans acquis lors d’une tournée mexicaine, la contagieuse Encender.

Anna était présente beaucoup dans les médias cette semaine pour parler de la création de l’album et des dernières années qu’elle a vécu dans la maladie. C’est un réel soulagement de savoir qu’elle coule des jours plus heureux par les temps qui courent et les spectacles entourant la sortie du nouveau gravé seront fort probablement mémorables. Lighter Fluid est un disque réellement excitant et le couronnement de la puissance créative du couple, qui atteint sa vitesse de croisière avec ce deuxième album (ou troisième si on considère que Traitement Deuxluxe est un album plutôt qu’un EP).

Bref, garrochez-vous sur le vinyle et aux spectacles. Il s’agit sans exagérer de l’œuvre maîtresse du duo. C’est une réussite intégrale et je n’ai rien d’autre à dire qu’un retentissant BRAVO !

Pour une fois que j’aime toute…

Mention spéciale à la superbe pochette, qui nous rappelle un brin celle de McDonald and Giles (1971). Appelons ça un heureux clin d’œil involontaire.

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