Les Chiens
Éloge de la chute
- Les disques de la cordonnerie
- 2026
- 38 minutes
Les Chiens, la deuxième incarnation en quelque sorte de Possession Simple, a eu une influence importante sur la pop-rock québécoise avec ses albums parus à la fin des années 90 et au début des années 2000. Il faut dire que, dans la formation, on compte sur la plume aiguisée d’Éric Goulet qui cumule un 40 ans de carrière. En 2016, Les Chiens avait fait un comeback le temps de 2 EP et quelques concert. Voici qu’Éloge de la chute, premier album depuis Rösk, paraît aujourd’hui.
Première chose qui marque : la pochette et son clin d’œil à Animals de Pink Floyd, mais en version Les Chiens. Ça s’arrête là pour les comparaisons avec le groupe de rock progressif anglais. Les Chiens proposent plutôt un pop-rock alternatif qui garde l’approche habituelle du groupe, même si ça se fait un peu moins nerveux avec les guitares et que des petites pointes de synthétiseurs se font entendre ici et là.
Ce qui ne veut pas dire que l’entrain est totalement évacué d’Éloge de la chute. Mauvais sang offre une bonne trame pour votre prochain jogging. Le blues des lendemains offre de beaux moments menés par la mélodie vocale de Goulet. Tu venais vers moi est aussi une pièce qui nous emporte avec ses mélodies efficaces, ses tons de guitares et ses petits claviers scintillants. Tout ça pendant que la section rythmique nous garde sur le qui-vive. L’album se termine sur une petite touche de lumière alors que Goulet nous chante la sérénité qu’il a trouvée à travers les choses épouvantables qui se passent un peu partout sur la Terre sur Comment savourer la vie. De la bonne vieille sagesse qui se distille sur un bel Hammond B3 signé Pierre Flynn.
Autour du groupe, quelques musiciens viennent se coller pour les pièces qui ont un feeling live sur album : André Papanicolaou, qui a coréalisé et joué de la guitare, Pierre Flynn que je nommais plus haut, Roger Myron à la guitare, le vétéran Mario Légaré à contrebasse et plusieurs autres.
On y retrouve beaucoup de rock qui languit un peu avec une bonne touche de mélancolie, comme sur l’excellente L’automne au cœur qui ouvre l’album. C’est aussi vrai sur la mystérieuse Cet homme où on pourrait se tromper entre Éric Goulet et Daniel Bélanger aisément.
C’est un bon record que Les Chiens nous offre dix ans après la sortie des deux EP. C’est impressionnant de voir Éric Goulet toujours être si pertinent après 40 ans de carrière. Chapeau bas à ce créateur hors pair.