Critiques

The Lemon Twigs

Go to School

  • 4AD
  • 2018
  • 59 minutes
7

Le duo des frères D’Addario sont de retour avec The Lemon Twigs Go to School. En prime, il s’agit d’une comédie musicale dont l’histoire est plutôt simple : Shane, un chimpanzé élevé comme un enfant par ses parents entre à l’école. On y retrouve tous les stigmates qui peuvent accompagner l’entrée à l’école et qui au final, mimique ceux d’entrer dans la société : l’insécurité, la peur, la joie, la découverte, l’apprentissage. Tout y est et les excentriques frères ont réussi à boucler la boucle comme il le faut.

Il s’agit surtout d’une longue allégorie sur le sentiment d’étrangeté qui peut frapper certains individus face à la société. Ce sentiment de n’être jamais à la bonne place. Et comme le duo arrive au début de la vingtaine, il est d’autant plus naturel qu’ils plongent à fond dans cela. Musicalement, on y retrouve toujours un rock daté des années 70 qui se fait ici beaucoup plus orchestral que par le passé. Ce n’est certainement pas la musique la plus originale, mais le duo est doué pour les mélodies vocales.

On suit Shane à travers les tribulations normales d’un nouvel élève à l’école. Au passage, le duo se permet quelques commentaires acerbes :

But all is well and all is merry
Even when the times are scary
Every generation is the same
Resulting in this fear illusion
Is a void that breeds confusion
Leading to a population tame

— Small Victories

Shane se confronte à la solitude sur Wonderin’ Ways ou encore sur l’intimidation sur l’ironique The Bully. Sur celle-ci le duo fait même parler le « bully » en question dans le texte de la chanson, le tout sur une balade plutôt joyeuse alors qu’on parle d’une situation franchement peu plaisante. C’est aussi dans ce sens que les Lemon Twigs montrent le meilleur de ce qu’ils sont capables de faire. On retrouve à être heureux pour Shane lorsqu’il décide de rejoindre la nature et de tourner son dos à la manière avec laquelle la société voudrait qu’il se comporte.

Pour tout ce génie littéraire, c’est musicalement que ça achoppe. Bien que composé avec intelligence, il est difficile de ne pas trouver que The Lemon Twigs font du millage sur des lignes mélodiques et des sonorités entendues mile et une fois. On y retrouve de grosses influences d’Elton John, Billy Joël et même certaines pièces de Guns’N’Roses. Ce n’est pas dénué d’intérêt, mais ça sent un tout petit peu le réchauffé quand même. De plus, Go To School s’étire un peu trop dans le temps. Du ménage aurait pu être fait dans la partie médiane pour alléger le résultat final.

Il sera intéressant de voir comment l’album se traduit sur scène. Sa production est imposante et repose sur des chœurs puissants et des cordes très présentes. Est-ce qu’elles seront aussi intéressantes en version plus minimaliste? On verra bien avec le temps. En attendant, il est impressionnant de voir The Lemon Twigs accoucher d’une œuvre aussi ambitieuse.

 

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