Critiques

Le Couleur

Comme dans un penthouse

  • 30 minutes
7

On peut dire que Le Couleur évite toujours la paresse. Chaque album propose un essai musical différent tout en gardant une base qu’on connaît déjà. C’est encore le cas avec Comme dans un penthouse qui demeure le plus grand saut dans le vide musical de la formation depuis ses débuts. On revient parfois à des sonorités de Voyage Love tout en poussant plus loin dans un disco qui use de sonorités new wave. Le mix des deux donne un rendu plus froid que ce que nous a proposé la formation par le passé.

Fidèle à son habitude, la formation a créé un univers pour Comme dans un penthouse. On part avec Barbara, la secrétaire qu’on avait rapidement rencontrée dans P.O.P. On l’accompagne dans sa fuite par en avant. À la recherche de l’excès, des jouissances et du bonheur, Barbara court tout comme les rythmes de cet album qui sont rapides, parfois même frénétiques.

Dès Autobahn et ses allures de Krautrock, on comprend qu’on est loin des sonorités de Concorde, paru en 2020. Par contre, on y retrouve beaucoup de sonorités futuristes, ce qui n’est pas sans rappeler Das Mörtal un autre des artistes qui fait partie de Lisbon Lux, leur maison de disque, depuis les débuts. Ces sonorités se retrouvent à nouveau sur Pourquoi pas.

On retrouve tout de même quelques chansons qui se rapprochent des sonorités plus habituelles de Le Couleur comme Sentiments nouveaux et ses refrains léger alors que Laurence Giroux-Do y couche une voix aérienne par moment et à d’autres moments une interprétation presque rigide qui nous rattache les deux pieds sur terre. Il en va de même sur l’excellente Moderne, transgressive et excessive qui clôt Comme dans un penthouse.

On retrouve aussi un invité sur l’album alors que Standard Emmanuel (Choses Sauvages) chante À la rencontre de Barbara et qui vient donné un point de vue masculin sur la chose, alors que dans Pourquoi pas, une témoin livre sa version des faits.

Malgré les nouvelles sonorités, Le Couleur ne réinvente pas non plus la recette. Cet album s’inscrit sans heurts dans sa discographie et les nouveaux morceaux pourront côtoyer les plus anciens en concert sans que ça jure. Sans faire du réchauffé, le trio nous offre un album qui n’est pas particulièrement surprenant. Si vous êtes déjà dans l’équipe Le Couleur, ce nouvel album aux sonorités futuristes vous fera certainement plaisir. Si vous ne les connaissez pas encore, ça vous donne une bonne idée du groove dont la bande est capable.