Critiques

L'amalgame

Aux frontières du concret

  • Indépendant
  • 2019
  • 35 minutes
7

L’Amalgame, c’est un groupe prolifique de Montréal. « Prolifique », parce que le terme ne peut que s’imposer avec la sortie de 4 albums et EP en 5 ans. « De Montréal », parce que les membres du groupe viennent de Villeray et Rosemont, quartiers très francophones qui ne sont pas reconnus pour être des terreaux fertiles pour le hip-hop montréalais. Disons qu’on a entendu plus souvent parler de « Laval ou rien » ou la 67 Saint-Michel que la 18 Beaubien!

Les membres du groupe sortent donc leur quatrième album nommé Aux frontières du concret, où ils aspirent à devenir « les meilleurs rappeurs du Québec », si on se fie à leur page Facebook. Y arrivent-ils? Non, c’est plus une boutade qu’autre chose. Ont-ils le potentiel d’atteindre un plus large public avec cette sortie? Très certainement. Ce mélange à la fois accessible et recherché a tout pour plaire à plusieurs.

Les thèmes abordés sur le disque sont simples et effectivement… concrets. La chanson-titre donne le ton, avec ses évocations des petites misères de la ville: les nids-de-poule, les petits bums d’école secondaire de l’est, l’impossibilité de payer son billet de bus. Dans Correction, il est question d’écriture avec des bouts sur les cours de latin séchés au secondaire, sans oublier une référence à l’émission jeunesse Radio Enfer. Pas sortable montre le côté festif avec son texte qui parle de beuverie dans un chalet. Dans le genre, avec les bruits de goulot, ça évoque Coucou les coucous, une autre bonne chanson de chalet d’Alaclair Ensemble.

La musique aussi atteint son but d’accessibilité. Aux frontières du concret saute à pieds joints dans les tendances du hip-hop actuel, en produisant des chansons très trap. Correction en est la plus évidente. Il y a aussi des éléments de jazz et de soul intéressants, avec des échantillons de cuivres et les voix, aspects qui ont aussi été utilisés dans leurs albums précédents. Ce mélange de leurs anciennes et nouvelles influences est vraiment réussi dans la deuxième moitié du disque, avec Perron et À chaque été prochain entre autres.

Si la musique en soi est plutôt agréable, la production de celle-ci est moins plaisante à l’oreille. La quantité d’autotune amène un calibrage pas toujours égal, ce qui fait qu’on entend mal les paroles des chansons sur plusieurs pièces ou que le beat est pas assez mis de l’avant sur d’autres.

En somme, les membres de L’Amalgame ont réussi le pari de l’accessibilité avec des paroles amusantes sur des beats accrocheurs, malgré quelques défauts.

 

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