Critiques

KOKOKO!

BUTU

  • Transgressive Records
  • 2024
  • 52 minutes
8,5
Le meilleur de lca

KOKOKO! avait fait des vagues avec son premier album, Fongola en 2017. Le groupe a pu faire le tour de la planète par la suite pour présenter sa musique. Voici que la formation, menée par le duo de Makara Bianko et Xavier Thomas fait un peu plus de place à la musique électronique sur BUTU. Le titre déjà veut dire « la nuit » en lingala et s’inspire de l’énergie des rues de Kinshasa après le coucher du soleil. Et malgré cette approche plus électronique, on y retrouve encore le reste du groupe qui arrive avec ses instruments fait de matières recyclées qui donnent le son si caractéristique de KOKOKO!.

BUTU n’est pas qu’une célébration, le groupe est toujours dans la dénonciation politique envers les élites politiques de leur pays où les meurtres de masses par les groupes armés sont fréquents pour le contrôle des ressources naturelles. Ces groupes sont trop souvent financés par les grandes compagnies occidentales qui sont à la recherche du coltan qui sert à fabriquer des ordinateurs et téléphones et qui se trouve en grande quantité en République démocratique du Congo.

Ce penchant de musique électronique rythmée se fait sentir dès la deuxième pièce de l’album, Bazo Banga, une pièce qui reprend un chant dans les stades de soccer (football) qui veut dire : ils ont peur. KOKOKO! reprend ce chant et le transpose dans une interprétation politique. Le tout est clamé avec beaucoup d’énergie et de ferveur par Makara Bianko. Le genre de pièce qui sera sûrement archipuissante en concert.

Parmi les autres pièces qui font preuve d’une bonne énergie, on retrouve Motema Mabe qui veut dire : cruauté. Mokili pour sa part est dansante avec une touche de house d’un autre temps. La réinterprétation du genre par KOKOKO! est très convaincante. Telema suit la même tangente et est particulièrement entraînante.

KOKOKO! n’est pas un groupe d’une seule couleur par contre. On le retrouve presque mélancolique sur Mokolo Likambu et ses chants plus mélodieux. Nasala Nini est rythmée, mais tombe dans une catégorie plus expérimentale de musique.

Ça demeure que sur BUTU s’est d’abord l’énergie et le dynamisme qui domine et KOKOKO! démontre qu’il n’est pas le groupe d’un seul album. La formation offre des pièces encore plus réussies que sur le Fongola. La surprise par rapport à leur proposition est peut-être amoindrie, mais le plaisir et l’envie de danser restent. Vivement un nouveau passage à Montréal.

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