Critiques

Kid Koala

Music To Draw To: Io

  • Arts & Crafts
  • 2019
  • 68 minutes
8
Le meilleur de lca

Avec Kid Koala, les projets se suivent, mais ne se ressemblent pas. En mai dernier, le beatmaker et producteur montréalais faisait paraître la trame sonore du jeu vidéo Floor Kids. Il s’était alors gâté en insérant plein de clins d’œil à la culture du scratch et à son propre matériel du début des années 2000. On est très loin de cette musique avec son nouvel album Music To Draw To: Io. Il revient avec le même concept exploité en 2017 avec la chanteuse islandaise Emiliana Torrini: créer de la «musique pour dessiner». Music To Draw To: Satellite était dénué d’échantillonnages afin de créer une musique douce et introspective. Cette fois-ci, l’album s’intitule Io et il s’adjoint les services de Trixie Withley, une auteure-compositrice-interprète aux origines américaines et belges.

Si Io se veut la poursuite de la même idée que Satellite, Koala s’y prend d’une tout autre façon. Pour le disque paru avec Emiliana Torrini, il avait choisi une orchestration plus «organique», sans les échantillonnages qui ont fait sa réputation. Guitares, synthétiseurs et cordes étaient au menu. Pour Io, il se base presque exclusivement sur plusieurs sortes de synthétiseurs. Cette instrumentation différente garde la douceur, mais en amplifiant le côté plus planant. Certaines des pièces font un peu penser à du Godspeed You! Black Emperor, comme Torus et Circle of Clouds, qui ouvre l’album.

La voix de Trixie Withley est tout un atout pour cet album. Cette chanteuse donne dans le rock et le soul sur son travail solo. Pour une musique qui est plus planante avec des sons plus pesants et graves, cette tessiture de voix est parfaite. Dans All for You, elle rend très bien le texte de Koala qui parle d’un amour difficile. Toutes les paroles du disque sont inspirées de la déesse grecque Io qui, selon la mythologie grecque, fut transformée en de multiples formes pour échapper à l’amour de Zeus. C’est une histoire tourmentée et magnifiquement illustrée. Tout le talent d’interprétation de Trixie se déploie en particulier dans Diamond Heart, de façon sentie.

C’est encore une fois de la bien belle «musique pour dessiner». Assez stimulante pour le cerveau pour être agréable, mais assez tranquille pour qu’on puisse se laisser à la créativité, en rêvassant un peu.

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