Critiques

Kanye West

Yeezus

  • Def Jam Recordings
  • 2013
  • 40 minutes
8
Le meilleur de lca

0002791459_350Voilà un album qui était très attendu. Bien que tous savaient que West arrivait avec un nouvel opus, voilà seulement un mois et demi que de l’information concrète faisait surface. La campagne de promotion derrière Yeezus était élaborée : projections vidéos sur plusieurs édifices à travers le monde, commentaires de collaborateurs qui sortaient au compte-gouttes et une prestation de deux chansons à la populaire émission Saturday Night Live.

Autant My Dark Twisted Fantasy était faste et rempli de collaborateurs, autant Yeezus est épuré et les collaborateurs timides. West a d’ailleurs engagé Rick Rubin quelques semaines avant la parution de l’album pour ôter le superflu. Si cela était son mandat, le vieux routier a certainement réussi sa mission. Dès On Sight, on retrouve le natif de Chicago, sur une musique électronique plutôt simple et franchement agressive. Il ne serait pas surprenant que West ait écouté du Death Grips dans les derniers mois. Le plus impressionnant est la césure qu’il crée en plein milieu du morceau pour insérer un échantillonnage très sixties. Une coupure nette et sèche qui fait un peu l’effet d’un frein à main qui s’enclenche alors qu’on roulait à 120 km/h. Les puristes crieront probablement au meurtre.

Kanye West n’a rien perdu de son arrogance mythique qu’il déclame sur I Am A God pour finir dans un moment où il semble se sauver en lançant des cris stridents. Soudainement, le propos fait un 180 degrés intéressant. Cela donne aussi l’occasion de voir Justin Vernon se pointer le bout du nez, ce qu’il fera sur quelques autres pistes dont Hold My LiquorChief Keef s’immisce aussi dans le refrain.

Dans les moments les plus forts de Yeezus, New Slaves occupe une place de choix pour deux raisons. En premier lieu, la pièce remet à l’avant-plan les penchants plus rapides des raps de West. En deuxième lieu, le propos est acerbe envers la mode et la richesse; deux fléaux qui finissent par donner les mêmes envies à tous. Un des échantillonnages les plus surprenants sur l’album arrive à la fin de ce même morceau; on croit d’abord entendre White Dove de Scorpions qui était en fait une reprise de Gyöngyhajú Lány du groupe hongrois Omega. Reste que Blood On The Leaves est le moment le plus sublime de la nouvelle galette. L’amalgame TNGHT et Nina Simone est tout simplement parfait. Peut-être est-ce le côté organique de ce mix qui fait pâlir les autres pièces de l’opus?

En fait, il ne faut pas se méprendre, Yeezus est un autre très bon album de la part de Kanye West, mais l’épuration présente sur la galette est parfois trop poussée et ne sert pas les pièces adéquatement. De plus, l’utilisation beaucoup trop fréquente de l’auto-tune donne l’impression qu’il passe trop de temps avec Vernon. On aurait aussi aimé entendre un tantinet de plus certains collaborateurs qui passent inaperçus tel que Frank Ocean ou Daft Punk qu’on ne reconnaît pas du tout au bout de compte. Par contre, West démontre qu’il est un artiste qui cherche, capable de pousser plus loin et en mesure de se réinventer à chaque album. Encore une fois, il ne peut rougir devant le sitedemo.cauit qu’il offre.

Ma note : 8/10

Kanye West
Yeezus
Def Jam
40 minutes

www.kanyewest.com/

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