Critiques

Juliette Armanet

Brûler le feu

  • Romance Musique / Universal Music Group
  • 2021
  • 45 minutes
6,5

Visiblement, l’année 2021 sera l’année du disco en France. La pop s’y est donnée à cœur joie en suivant la vague qui est née il y a 4 ans dans l’underground avec des groupes comme L’Impératrice. Après Clara Luciani qui a livré l’excellent Cœur, voici que c’est au tour de Juliette Armanet de présenter Brûler le feu qui lui aussi est un nouvel album destiné pour les pistes de danse.

On peut dire que Juliette Armanet confirme qu’elle est une autrice-compositrice-interprète de talent. Elle se moule assez aisément aux rythmes infernaux du disco et y glisse avec sa voix comme une planchiste olympique. Si par moments, ça frappe dans le mile, il y a certaines pièces et surtout certains textes qui laissent à désirer.

Quand elle se fait énergique, Juliette Armanet fait du beau. C’est le cas sur le premier simple de l’album : Le dernier jour du disco. Elle commence tout doucement au piano pour prendre son envol avec un rythme contagieux qui donne envie de se brasser les hanches un brin. C’est aussi le cas sur Qu’importe qui rappelle le modus operandi d’ABBA avec sa basse généreuse, son piano joyeux et sa batterie qui assure que les pieds tapent au sol. Tu me Play est portée par une attitude impressionnante et frappe aussi dans le mille.

Ce n’est pas seulement dans les moments dansants que Juliette Armanet marque des points. C’est le cas aussi sur la tristounette L’épine. Même chose pour Imaginer l’amour qui est construite sur les patrons des grands chanteurs de variétés du passé.

Cependant, ce ne sont pas toutes les pièces qui sont aussi bien réussies. Boum Boum Baby avec son texte assez insipide où Armanet en met épais dans son interprétation est vraiment décevante. On dirait qu’elle joue à l’enfant, sur un texte qui est déjà en soi enfantin avec les cordes et tout, c’est trop. Il y a des limites à tout. Même son de cloche du côté de Le rouge aux joues où elle verse dans un mélodramatique navrant. La ligne est mince entre la mélancolie et le pathos et malheureusement, sur Brûler le feu, Juliette Armanet ne réussit pas à naviguer sur cette frontière sans accrocs. 

Somme tout, il y a du bon sur Brûler le feu, mais ce n’est pas aussi excitant et enlevant que Petite Amie qui est parue en 2017. La plupart du temps, ça fonctionne et lorsqu’elle est sur un ton qui n’est pas exagéré, Juliette Armanet est d’une fluidité et d’une force impressionnante.

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