Critiques

Jérôme 50

La hiérarchill

  • Grosse Boîte
  • 2018
  • 41 minutes
7,5

Dans le piège du moule-moule-moule
Je ne veux plus y aller maman
Des gens bien serviles-viles-viles
M’ont fait trop pleurer maman

— La hiérarchill

Jérôme 50, anciennement, Jérôme St-Kant présente son premier album, une ode à la jeunesse contemporaine. 50 est un fin observateur qui a une facilité à dépeindre les désillusions d’une génération qui regarde le rouleau compresseur de l’économie capitaliste broyer ses rêves. La hiérarchill arrive juste à temps pour la légalisation de la marijuana et qui permettra de se poser des questions avec un pied de clown au bec.

Jérôme 50 est un bon mélange des Colocs, de Damien Robitaille et d’un folk poteux à la Kurt Vile. C’est des gros noms certes, mais avec ce premier album, l’auteur-compositeur-interprète montre de belles promesses et livre une collection de chansons qui passent de la mélancolie à l’espoir de l’amour salvateur.

Je t’aime tellement que je vomirais mon cœur dans ta face

— Je t’aime tellement

Sous son masque humoristique, Jérôme 50 montre une sensibilité qui est belle et presque pure. Je t’aime tellement est un magnifique slow qui donne envie de combattre la grisaille automnale en se collant pour danser sous une boule disco. Les arrangements de cordes tout à fait magnifiques projettent la pièce dans la stratosphère. On connaissait déjà le tube puisque 50 la porte avec lui depuis des années. Elle en est non moins efficace et belle.

Ceux qui auraient tendance à tasser le jeune homme du revers de la main en raison de son humour et de ses thématiques poteuses auront mal à le faire. Empruntant au hip-hop le goût pour les références bien tournées, 50 nous propose une relecture d’Émile Nelligan sur Jardin de givre. Pour l’aider, il invite quelques amis à participer. On retrouve Hubert Lenoir sur Prendre une douche alors que Lydia Képinski et Mon Doux Saigneur sur Wéke n’ béke.

Chaque soir, je renifle ton chandail

Parcimonieusement

Je retiens mon souffle et je pars te rejoindre

Transcanadiennement

T’imagines-tu, je me prends pour Terry Fox

Somnambuliquement

Même si encore aujourd’hui je dors au gaz

Phéromonalement

— Sexe, drogue, ceri$e$ et rock n’ roll

Parmi les bons coups de cet album, on retrouve Sexe, drogue, ceri$e$ et rock n’ roll qui possède un bon groove à la Kurt Vile et des tournures de textes très fortes. Simple, mais terriblement efficace, Jérôme 50 nous ouvre à sa sensibilité franche et honnête. Il peut aussi se faire de party lorsqu’il se lance dans l’histoire de Rosalie, globe-trotteuse qui découvre les garçons de tous les pays avec Chaise musicale. Un hymne taillé sur mesure pour la génération Tinder. 1234 est une douce pièce amoureuse qui fait l’apologie des matins éternels dans les bras d’un être tendre sous les draps. C’est doux et ça donne envie de tendresse.

Un premier album réussit haut la main pour Jérôme 50 qui a compté sur les talents de Philippe Brault à la réalisation. Encore une fois, Brault sait se coller à la proposition de l’artiste avec lequel il travaille. Tout ce qui nous indique qu’il y était est la perfection des arrangements. Quand vous allumerez votre premier joint légal, mettez donc La hiérarchill et commencez à rêver à ce qu’on pourrait faire ensemble demain.

1 commentaire

  1. Maxime, le 2018-10-18 à 16:00

    J’ai aimé ma première écoute, mais le titre de l’album me donne encore mal au cœur.

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