Critiques

J Mascis

Elastic Days

  • Sub Pop Records
  • 2018
  • 41 minutes
7

En voilà un qui n’a plus besoin de présentation. Que ce soit avec Dinosaur Jr. ou en mode solo, Joseph Daniel Mascis poursuit son chemin contre vents et marées. Au cours d’une année musicale, on a beau prêter l’oreille à une tonne de nouveautés et rédiger d’innombrables critiques de disques, en musique, comme dans n’importe quelle discipline artistique, la durée fait foi de tout. Et Mascis passe l’épreuve du temps haut la main.

Depuis la renaissance de Dinosaur Jr., en compagnie de Murph (batterie) et du génial Lou Barlow (basse), le père Mascis a fait paraître quatre albums : Beyond (2007), Farm (2009), I Bet On Sky (2012) et le tout dernier, Give A Glimpse of What Yer Not (2016). Seul, le vétéran nous gratifie de temps à autre d’une nouvelle galette. En 2014, Mascis nous avait présenté Tied to a Star; une création somme toute assez inspirée.

Mascis est donc de retour avec une nouvelle production intitulée Elastic Days. Enregistré dans son studio personnel situé dans son Massachusetts natal, le musicien nous propose dix nouvelles chansons; du Mascis pur jus avec une inclinaison folk plus accentué. Quelques invités se joignent à la légende de l’indie-rock américain : Mark Mulcahy (Miracle Legion), Phil Jenkins (Black Heart Procession) et Zoë Randal (Luluc) qui vient pousser quelques vocalises.

Encore une fois, sans que ce soit un grand disque, Mascis réussit à nous captiver. Grâce à sa voix distinctive et ses mélodies indolentes, à ses solos « blowés » comme lui seul peut le faire et surtout grâce à son écriture chansonnière inimitable, il est toujours dans le coup.

Pourquoi est-il aussi indémodable ? Au risque de me répéter, ce gars-là possède une signature sonore unique et des « hooks » tellement exclusifs, qu’il n’a qu’à composer de bonnes chansons pour que ça fonctionne. Sans que ce soit aussi émouvant que Tied to a Star, ce nouvel album contient un nombre suffisant de pièces satisfaisantes pour avoir envie d’y revenir de temps à autre.

L’entrée en matière See You at the Movies, le violoncelle dans Web So Dense, l’irruption de guitare dans le refrain de Sky Is All We Had, le solo typiquement Mascis dans la conclusion de Give It Off, les riffs accrocheurs dans Drop Me et Sometimes ainsi que la conclusive Everything She Said font partie des bons moments de ce Elastic Days.

Que dire plus ? Le bonheur réside dans les choses simples et ça, Mascis l’a bien compris.