Critiques

Intronaut

The Direction Of Last Things

  • Century Media Records
  • 2015
  • 46 minutes
8,5
Le meilleur de lca

IntronautIntronaut est de retour sur disque avec un cinquième effort en tout juste moins de dix ans, période durant laquelle le groupe a raffiné son son, consolidé son alignement tout en rehaussant à chaque proposition ses propres standards de qualité. Deux ans après le convaincant Habitual Levitations, pas question de lever le pied pour le quatuor de «Los Angèle». The Direction Of Last Things ne fait pas exception à la règle. Il contient tout ce que l’on aime d’un album d’Intronaut: la technique, les transitions, l’accord des voix de Dunable et Timnick et l’omniprésence de la ligne rythmique. Seulement cette fois-ci, on rajoute l’élément «fâché» laissé derrière après Valley Of Smoke.

Le premier titre ici, Fast Worms, est en ce sens une solide affirmation de ce retour à un son plus cru. Dunable attaque dès les premiers instants avec son chant «growlé». Le recours à cette technique vocale sera utilisé judicieusement sur la majorité des titres de The Direction Of Last Things.

Mais parce qu’Intronaut gueule et «shred» davantage sur cet album, il ne faudrait conclure qu’il marque un retour au son de Valley Of Smoke (2010) ou de Prehistoricisms (2008), après l’exercice plus prog qu’était Habitual Levitations (2013). Car Intronaut ne regarde pas en arrière, trop dédié à aller de l’avant, tête baissée dans l’exploration. Ce groupe est une locomotive et ça n’a pas de marche arrière une locomotive.

On n’aurait pas retrouvé des morceaux comme The Unlikely Event Of A Water Landing par exemple sur les premiers albums d’Intronaut. Ici, le quatuor y ralentit la cadence tout en préparant la table pour la seconde moitié de l’album. Le titre est cependant bien plus qu’un intermède. Malgré son tempo plus lent, l’auditeur demeure attentif par juste ce qu’il faut de transitions et une bonne gestion de l’horloge. Bref, Intronaut ne s’éternise pas et même dans l’exploration de différentes zones soniques, demeure efficace et va droit au but.

Sul Punticello, le morceau suivant, se déploie dans l’agression pour se conclure comme le précédent: dans une exploration qui est tout sauf ennuyante.

Car voilà la force d’Intronaut: utiliser ses prouesses techniques pour construire une chanson cohérente et originale sans pour autant faire l’étalage de ses talents. C’est gagnant, car on ne se lasse pas d’une pièce qui déporte dans diverses zones. Bref, pas besoin de faire le show-off quand tu fignoles de solides chansons et que tu ne prends pas ton auditeur pour un abruti.

The Pleasant Surprise est probablement le titre le plus réussi ici. Mordant, précis et évolutif il contient tout ce qu’il y a de mieux sur The Direction Of Last Things.

En gros, et je terminerai là dessus, Intronaut se donne une sérieuse option sur le titre du meilleur album métal de l’année.

Ma note: 8,5/10

Intronaut
The Direction Of Last Things
Century Media
46 minutes

http://intronautofficial.com

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