Critiques

Hanni El Khatib

Moonlight

  • Innovative Leisure
  • 2015
  • 42 minutes
6,5

hanni2Hanni El Khatib avait fait paraître Head In The Dirt en 2013 qui avait attiré une certaine attention puisqu’il était réalisé par Dan Auerbach. Celui-ci avait pris le mix de blues et de garage qu’El Khatib préconisait et l’avait astiqué pour le rendre un peu plus brillant, boostant au passage la sitedemo.cauction. Cela avait donné un album qui sonnait comme une tonne de brique. Pour son retour sur album, El Khatib a préféré prendre le poste de réalisateur tout en s’adjoignant les talents de Sonny Diperri qui a entre autres travaillé sur les deux derniers de Portugal, The Man.

D’ailleurs, on remarque un psychédélisme, particulièrement dans les sonorités, sur ce Moonlight. Ça se mélange avec le goût pour le garage blues d’El Khatib et ça donne un album qui s’écoute bien et qui est facile d’approche. Cependant, on remarque encore fortement l’influence des Black Keys dans le son et c’est parfois même un peu dérangeant. The Teeth en est un exemple, avec sa mélodie accrocheuse, sa batterie appuyée de mains qui battent le tempo.

El Khatib évite de trop ressembler en variant un peu plus dans la trame musicale. Les Black Keys sont de plus en plus attachés à la mélodie (leur permettant de charmer des stades) alors qu’El Khatib se permet plus d’audace. Chasin’ est un bon exemple avec ses coupures et revirements. C’est lorsqu’il se lance dans un blues plus introspectif qu’il est particulièrement efficace. Worship Song (No. 2) et Mexico en sont d’excellents exemples. Cette dernière donne lieu à un curieux mélange de Weezer et de Led Zeppelin. Ce n’est pas méchant du tout.

Hanni El Khatib tenait un as dans sa manche… les mélodies dansantes. Celui-ci attend les derniers moments de l’album pour nous envoyer deux pièces franchement groovy par la tête. Dance Hall contient d’heureux relents de soul alors que l’intoxicante Two Brothers frôle le disco et donne derechef le goût de se trémousser le popotin.

Au bout du compte, ce qui frappe sur le troisième album d’Hanni El Khatib, c’est l’inconstance. Même si l’album est bien composé, il manque de direction et oscille entre des pièces trop proches des inspirations et des morceaux franchement bien tissés. Somme toute, certaines pièces de Moonlight valent vraiment le détour.

Ma note: 6,5/10

Hanni El Khatib
Moonlight
Innovative Leisure
42 minutes

http://hannielkhatib.com/

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=dn8Gu0St7zs[/youtube]